Il n’existe aucune statistique officielle sur le nombre de prostitués en Belgique et pour cause : celui qu’on qualifie toujours comme le plus vieux métier du monde n’en est pas un aux yeux de la loi. Mais selon les chiffres annoncés par Espace P, une association active sur le terrain, on compterait chez nous pas moins de 15.000 personnes actives dans la prostitution, dont 5.000 seulement à Bruxelles. Ce qui représenterait environ une femme active (âgée de 20 à 50 ans) sur 100 !
Des travailleurs du sexe, comme on les appelle, qui militent depuis des années pour que l’Etat encadre légalement l’exercice de leur activité. Vu leur nombre, force est de reconnaître qu’il existe dans ce secteur toute une économie parallèle qu’il conviendrait effectivement d’encadre afin non seulement de donner un statut à ces personnes mais en outre afin de lutter contre le travail au noir.
Qui sont les clients de la prostitution? Monsieur tout le monde
Un homme sur quatre y aurait recours. Un postulat s’impose comme une évidence devant la pérennité séculaire de la vie prostitutionnelle : la prostitution remplit des besoins sociaux et les clients ne sont pas spécialement des pervers ou des miséreux sexuels ou sociaux. Et nombre d’entre eux ne viennent pas seulement chercher un rapport sexuel. Ils viennent trouver une écoute, un soutien, des bienfaits psychologiques.
Un frein aux dérives criminogènes
Des études ont par ailleurs démontré que la prostitution joue le rôle d’un modérateur social et humain qui limite et canalise les dévires criminogènes dont les agressions sexuelles font partie en première ligne.
Une assistance sensuelle pour les personnes handicapées
Enfin, comme il n’existe pas en Belgique, à l’inverse de la Suisse par exemple, d’assistant sexuel pour handicapés, certaines prostituées accueillent également des personnes déficientes mentales ou moteur.
Les prostitué(e)s connaissent aussi la crise
Depuis 2008, les travailleuses et travailleurs du sexe subissent aussi la crise. Avec de moins en moins de rentrées régulières, ils ont comme dans bien d’autres secteurs de plus en plus de mal à payer leurs charges et leurs encours. Expulsés en outre des quartiers chauds, souvent urbanistiques, comme à Charleroi, Liège ou Anvers, ces hommes et ces femmes se retrouvent à devoir prester dans des conditions de rue très précaires.
Pour Martine Da Marino, de l’association Entre 2, si la prostitution n’est pas un « métier » au sens juridique du terme, c’est une activité économique qui a son rôle social tant pour les prostituées que pour leurs clients. Une activité en difficulté aujourd’hui, comme bien d’autres activités, et qui mérite de voir son cadre d’exercice et ses conditions d’hygiène et de sécurité protégés. (AD)
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