32 ados libérées d’une « usine à bébés » au Niger Actua
32 ados libérées d’une « usine à bébés » au Niger
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32 ados libérées d’une « usine à bébés » au Niger

Une maternité «spécialisée» dans la fabrique de bébés destinés à la vente a été découverte par la police nigériane. Des jeunes mères, âgées de 15 à 18 ans, étaient enfermées jusqu’à l’accouchement, puis forcées d’abandonner leur enfant en échange d’un peu plus de 200 francs.

«Nous avons fait une descente dans les locaux de la Cross Foundation, à Aba, il y a trois jours, à la suite d'informations concernant des femmes enceintes, âgées de 15 à 17 ans, contraintes de faire des bébés pour le compte du propriétaire», a indiqué à l'AFP Bala Hassan, responsable de la police de l'Etat d'Abia, dans le sud-est du Nigeria. Et de poursuivre : «nous avons ainsi sauvé 32 filles enceintes et arrêté le propriétaire qui est actuellement soumis à un interrogatoire», ajoutant que des témoins ont accusé le suspect de «vendre les bébés à des gens qui peuvent les utiliser dans le cadre de rites, ou à d'autres fins».

Les adolescentes ont indiqué à la police qu'on leur avait proposé l'achat de leur bébé à naître pour 25.000 ou 30.000 nairas (110 ou 130 euros) alors que les enfants étaient revendus 300.000 à 1 million de nairas, selon l'agence nationale de lutte contre le trafic d'être humains (NAPTIP), les garçons se vendant plus chers que les filles.

L’alerte a été donnée début octobre par une fille de 15 ans. Prisonnière depuis des mois, Ifeoma Ezeoke a miraculeusement réussi à échapper à ses ravisseurs. Comme bon nombre de ses compagnes d’infortune, Ifeoma, victime d’une grossesse non désirée, a été piégée par le responsable de l’établissement. Pour alimenter son sinistre commerce, ce médecin attirait les jeunes filles en leur promettant de les aider à avorter. Une aide qui ne se refuse pas dans un pays où la naissance d’enfants hors mariage est particulièrement mal vue.

C’est aussi l’extrême pauvreté qui pousse ces jeunes femmes à «louer» leur ventre pour survivre. Le Nigeria a beau être le huitième plus grand exportateur de pétrole du monde, la majorité de la population vit avec à peine plus de 2 francs par jour.

En 2008, des raids de la police avaient déjà mis à jour un réseau présumé de ce type d’établissements, appelés communément «usines à bébés», ou «élevages de bébés».

Le trafic d'êtres humains est commun en Afrique de l'Ouest où des enfants sont achetés auprès de leurs familles pour aller travailler dans les champs, les mines, les usines ou en tant que domestiques. D'autres sont vendus dans le cadre de réseaux de prostitution et, dans des cas plus rares, ils sont torturés ou sacrifiés lors de rituels de magie noire. NAPTIP relève aussi des cas d'adoptions illégales.

Le trafic d'êtres humains est le troisième crime le plus fréquent au Nigeria, après les fraudes économiques et le trafic de drogue, selon l'Unesco. Depuis le début de l’année, pas moins de 31 nourrissons (y compris des bébés à naître) ont été sauvés par la police au Nigeria. Dans ce pays – le plus peuplé d’Afrique avec 140 millions d’habitants –, dix enfants sont vendus chaque jour, selon l’Unicef.

Le propriétaire de cette « maternité sauvage » risque quant à lui jusqu'à 14 ans de prison s'il est reconnu coupable. (AD)

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