C’est un quadragénaire américain, prof d’Anglais qui jouait 60 heures par semaine à WOW. Epuisé et déprimé, il a failli se jeter d’un pont mais l’amour qu’il porte à sa femme et à ses enfants l’a retenu juste à temps. En rentrant, il a effacé le jeu de son ordinateur.
L’addiction se met en place sournoisement puis grignote la vie du joueur peu à peu. Le principal centre d'intérêt devient l'unique, au détriment des autres activités relationnelle, professionnelle, artistique, scolaire ou sportive…
Cette addiction est particulièrement préoccupante lors de l'adolescence, période importante où jeux et scolarité ne font pas bon ménage. Les jeux les plus à même d'entraîner une telle dépendance seraient les jeux de rôle en ligne massivement multijoueur comme World of Warcraft - désigné en général sous son acronyme, WoW - est en train de s'imposer comme un phénomène culturel d'ampleur, dépassant tout ce que l'on a connu jusqu'à présent avec le jeu vidéo : mis en ligne fin 2004, compte aujour¬d'hui plus de sept millions de joueurs actifs dans le monde, dont un million en Europe.
Ce jeu est permanent : lorsqu'un joueur se déconnecte, l'univers continue d'évoluer sans lui puisque des milliers d'autres joueurs restent connectés. C'est cette caractéristique que pointent psychologues et éducateurs comme la plus susceptible d'aggraver des troubles du comportement chez les joueurs. Et c'est celle qui provoque les plus fortes tensions au sein des familles, lorsque enfants ou adolescents ne parviennent pas à « décrocher » au moment des repas ou du coucher.
Pas de sang et d'armes à feu, mais une population pittoresque de créatures mi-médiévales mi-fantastiques, ¬venues en plus ou moins droite ligne du Seigneur des anneaux de Tolkien. Chacun peut construire un personnage sur lequel projeter image de soi, fantasmes sociaux, délires agressifs ou apaisants. Dans un constat aussi rassurant qu'inquiétant, les psychologues notent que WoW agit sur les joueurs comme un antidépresseur, ni plus ni moins que peuvent l'être le chocolat, les séries télévisées romantiques ou l'alcool. Face à ce nouvel outil de consolation et de déréalisation, la question la plus épineuse est évidemment celle du dosage. Le jeu offre à tous les joueurs des satisfactions qui justifient qu'il conserve son abonnement à minimum 10,99€ par mois.
Même si le jeu en lui-même est parfaitement inoffensif, il faut prendre garde à rester dans le réel et ne pas se couper du monde en se projetant trop dans le jeu. Combien de jeunes ont été en décrochage scolaire « à cause » des jeux en ligne ? Combien de couples explosés à force d’inattention à son entourage ? Discipline ou autodiscipline selon l’âge. Les parents ont un rôle de prévention à jouer voire malheureusement de punition. Dans son principe les jeux vidéos ou en ligne ne posent pas de problème, c’est comme pour toutes les choses de la vie : il ne faut point en abuser. (IH)
Juste pour le plaisir, voici la vidéo d’un jeune qui a été privé de WOW..
http://www.youtube.com/watch?v=gOgrdn7JAx8
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