Quinze mois de prison avec sursis contre Dominique de Villepin. C'est ce que le procureur Jean-Louis Pérol a requis, lundi 23 mai, contre l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac, estimant qu'il était coupable de "complicité de dénonciation calomnieuse par abstention" dans l'affaire Clearstream.
Le procureur a demandé à la Cour d'appel de Paris d'infirmer le jugement de relaxe prononcé par le tribunal correctionnel le 28 janvier 2010. "Il revient à la justice de veiller à ce que le fonctionnement de la démocratie ne soit pas perturbé par les manipulations et les coups tordus", a indiqué le procureur.
Villepin dénonce une influence de Sarkozy et accuse l’Elyzée
Dominique de Villepin a aussitôt réagi en accusant Nicolas Sarkozy d'avoir inspiré les réquisitions du parquet général. "Après six années d'un lynchage politique, médiatique et judiciaire, après avoir été déclaré innocent en première instance, le ministère public persiste et signe", a-t-il déclaré. "Tout ceci serait incompréhensible si on oublait que le ministère public est représentant du garde des Sceaux placé lui-même sous l'autorité du président de la République Nicolas Sarkozy", a-t-il ajouté.
Le 19 juillet 2004, soit après le premier envoi de lettres anonymes à M. Van Ruymbeke, M. de Villepin "sait que les listings sont faux. Il sait qui est à l'origine de la dénonciation et il connaît le contenu de la dénonciation", a affirmé M. Pérol. Dès le début, a-t-il souligné, M. de Villepin a eu sur ce dossier Clearstream une "gestion personnelle et secrète". Celui-ci aurait gardé pour lui l'information selon laquelle les listings bancaires où figurait le nom de Nicolas Sarkozy étaient falsifiés.
Evoquant son "culte de la confidentialité", il a rappelé que le ministre des affaires étrangères devenu en 2004 ministre de l'intérieur n'avait informé de cette affaire ni sa collègue ministre de la défense, Michèle Alliot-Marie, ni le premier ministre de l'époque Jean- Pierre Raffarin.
Selon le procureur, M. de Villepin a "dissimulé ce qu'il savait, il a entretenu l'illusion pour que Jean-Louis Gergorin poursuive son œuvre de dénonciation". A son sens, Jean-Louis Pérol estime que Villepin, l'homme qui a dénoncé aux Nation-Unis en 2004 la manipulation des armes de destruction massive en Irak, savait forcement que le fameux listing était certainement un faux.
La défense plaide ce mercredi et l'arrêt sera ensuite mis en libéré pendant cinq ou six mois. (ST)
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