Affaire des malrotations : les experts en désaccord Actua
Affaire des malrotations : les experts en désaccord
Actua

Affaire des malrotations : les experts en désaccord

Trois chirurgiens sont prévenus de faux, usage de faux et de coups et blessures volontaires sur mineurs.  Leur crime : avoir opéré pour "malrotation" des enfants dont l'état de santé ne nécessitait pas d'intervention chirurgicale.  Le point sur l'affaire.

Trois chirurgiens de l'Hôpital des Enfants Reine Fabiola à Bruxelles passent en ce moment en correctionnelle à Bruxelles.  Ils sont prévenus de  faux, usage de faux et de coups et blessures volontaires sur mineurs.  On les suspecte fortement d'avoir opéré inutilement des enfants qui ne souffraient pas de "malrotation".

La malrotation est une malformation congénitale de l'intestin qui ne "tourne" pas suffisamment autour de l'artère mésentérique.  Au cours de la croissance du bébé dans le ventre de la mère, l'intestin grèle doit normalement effectuer trois rotations autour de cette artère et se "fixer" dans le ventre de l'enfant.  Dans le cas d'une "malrotation" l'une ou plusieurs de ces rotations ne se produit pas ce qui peut engendrer des maladies graves, voir la mort de l'enfant.  Dans les cas pathogènes, il faut opérer d'urgence.  Mais "uniquement dans ces cas-là", soulignent les docteurs Weil et Coupris du CHU d'Angers, dans leur présentation des malformations de l'intestin.

Car, l'opération n'est pas sans conséquences sur la vie des enfants, loin de là.  Après l'opération, l'intestin n'est pas "fixé" à l'artère mésentère, comme un intestin normal.  Il flotte librement dans le ventre de l'enfant et est donc particulièrement fragile.  Ce qui interdit toute vie sportive aux enfants opérés de cette façon.  C'est en outre une opération délicate, voire dangereuse qui peut entraîner des complications telles que la scepticémie (empoisonnement du sang) voire la mort de certains tissus internes, on parle alors de "nécrose".

Opérer un enfant inutilement dans ce cas-là relève des coups et blessures volontaires, car on handicape pour la vie entière un enfant qui ne nécessitait aucune intervention.  C'est pourquoi le tribunal correctionnel de Bruxelles voulait l'avis de médecins-experts afin de s'assurer que les opérations menées en 2002 étaient bien nécessaires.  Un radiologue de l'hôpital avait en effet révélé que 229 enfants y avaient été opérés de malrotations entre 1998 et 2001.  Soit de 4 à 8 fois plus d'opérations de ce type que dans les autres hôpitaux...

Les experts qui se sont succédés jeudi devant les juges n'ont pas beaucoup aidé la justice : les trois premiers médecins, mandatés par le juge d'instruction ont défendu la thèse que les opérations étaient inutiles.  Ensuite, un chirurgien pédiatrique de Marseille, représentant la défense, a dit exactement l'inverse : "ces opérations ont sauvé la vie de ces enfants".  Et c'est également cette deuxième thèse qu'a soutenue le cinquième expert requis par le juge d'instruction.

Voilà qui ne va certainement pas aider à faire la lumière sur cette affaire qui secoue tant les familles que le milieu médical depuis bientôt 10 ans...  (MB).

WebAds_Mobile_3

0 claps
0 visitors

Place comments

666

0 Comments

More comments

You are currently seeing only the comments you are notified about, if you want to see all comments from this post, click the button below.

Show all comments