Anwar al-Awlaki. Retenez ce nom. Il est dans la « short liste » pour incarner, depuis la mort de Ben Laden, le terrorisme mondial, selon les médias américains. Sa différence avec les autres prétendants au titre de VRP d'Al Qaeda : il est américain !
Cet homme de 40 ans a grandi dans une famille aisée du Nouveau-Mexique. Son père, venu aux Etats-Unis grâce à la prestigieuse bourse Fulbright, était ministre de l'Agriculture au Yémen et président de l'université de Sanaa, la capitale. Anwar al-Awlaki a, quant a lui, fait ses études à l’université de George-Washington dans la capitale américaine.
Très vite après ses études, al-Awlaki devient imam et retourne au Yémen. Caché actuellement dans le sud du pays, il est lié à la branche la plus active du terrorisme. Elle est associée à plusieurs actes de terrorisme sur le sol américain ces dernières années, des attentats du 11-Septembre à l'attentat manqué contre un avion de la compagnie Northwest en décembre 2009 au-dessus de Detroit, en passant par la tuerie de la base militaire de Fort Hood au Texas en novembre 2009. Ainsi que l'attentat manqué de Time square en mai 2010.
L'administration Obama le prend tellement au sérieux qu'elle a ordonné son assassinat en janvier 2010. Décision rarissime !
Déçu par les Etats-Unis, il se radicalise.
2006, de retour au Yémen, il est emprisonné pendant dix-huit mois après une intervention dans une rixe tribale. Il profite de son incarcération pour lire Dickens, le Coran… et les œuvres de Sayyid Outb, un auteur égyptien connu pour ses positions anti-américaines.
Le New York Times consacre à cet ennemi des Etats-Unis, un portrait dans les pages du journal en mai 2010. Selon le quotidien, sa radicalisation serait provenue du refus du directeur du renseignement américain John Negroponte de le libérer, alors même que plusieurs sources indiquaient qu'il savait qu'un citoyen américain était détenu au Yémen sans motif apparent. Le quotidien citant un Yéménite qui connaissait bien al-Awlaki, rapporte : « Il était différent après ça, plus dur".
Bien qu’ Anwar al-Alwaki manque d’expérience opérationnelle et ne soit pas lié au commandement d'Al-Qaida, il fonde sa notoriété et sa force sur l’usage de l'Internet, de YouTube et des réseaux sociaux (il est surnommé le « Ben Laden de l'Internet ») pour diffuser ses prêches, en anglais et en arabe. Ses compétences web en font un atout de taille pour les djihadistes.
Steven Emerson, directeur du Investigative Project on Terrorism, un centre de ressources sur le terrorisme islamique, souligne : « ses vidéos sont partout, il est charismatique. Ses recrues sont des bombes à retardement sur pieds. Comme il parle anglais, il a ouvert le marché du djihad à l'Occident ».
Le 5 mai, quatre jours après la mort d'Oussama Ben Laden, des drones américains ont tenté de l'abattre à l'aide de missiles, mais Washington a indiqué qu'il s'en était sorti indemne. (ST)
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