Un nouveau livre à paraître sur les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis montre que la CIA savait que deux membres d'Al Qaida étaient sur le territoire américain. Et qu'ils préparaient un attentat. Le service secret - au moins 50 personnes - a conservé l'information pour lui. Si le FBI en avait disposé, il aurait sans doute pu empêcher la catastrophe.
Pourquoi la CIA n'a-t-elle rien dit ? Le directeur de l'agence, George Tenet, mais aussi une cinquantaine d'autres personnes étaient au courant du fait que deux membres de l'organisation Al Qaida étaient sur le territoire américain.
Ces cinquante personnes savaient que les deux terroristes préparaient une attaque. Dès juillet 2001, soit trois mois avant les attaques, Tenet et Alec Station, un agent spécialisé dans le contre-terrorisme annoncent à Condoleeza Rice : "Il y aura des attaques spectaculaires dans les mois ou dans les semaines à venir. Elles auront lieu simultanément et provoqueront des dégâts massifs. Les attaques viseront les intérêts américains, peut-être même auront-elles lieu aux Etats-Unis…"
Mais pourtant, personne ne préviendra le FBI.
Une guerre des agences de sécurité ?
Les Etats-Unis possèdent plusieurs agences de sécurité. Parmi elles, la NSA - National Security Agency - chargée des écoutes et de l'analyse des emails, des sms, des conversations téléphoniques. La CIA - Central Intelligence Agency - chargée du renseignement à l'extérieur des Etats-Unis. Et le FBI - Federal Bureau of Investigations - en charge des enquêtes sur le territoire américain.
Donc, en toute logique, dès que la CIA a su que des membres d'Al Qaida était sur son sol, elle aurait dû avertir immédiatement ses collègues du FBI. Or, Dale Watson, directeur du FBI est formel m jamais la CIA ne lui a communiqué la moindre info au sujet des deux terroristes d'Al Qaida. Pas plus qu'à Richard Clarcke, le coordinateur national de la sécurité pour la Maison blanche.
Si le FBI avait eu connaissance de cette information, il aurait sans doute pu arrêter les deux terroristes. Et le 11 septembre n'aurait pas eu lieu...
Il y avait-il une telle rivalité entre les agences qu'elles ont préféré laisser perpétrer un attentant tuant plus de 2.000 Américains, plutôt que de partager une information vitale ?
C'est une des questions - brûlantes - que pose le livre de Fabrizio Calvi qui sort ce 1er septembre aux Editions Fayard. (MB).
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