Bart De Wever ne veut pas de la note Di Rupo. Plus exactement, il ne veut plus de la Belgique, même s'il ne le dit toujours pas ouvertement. Mais il ne faut pas être universitaire en flamand pour comprendre où la N-VA veut aller : vers la fin de la Belgique. Et la République de Flandre.
Bart De Wever et ses acolytes ont lu la note de Di Rupo qui "mérite le respect". Mais ne mérite visiblement pas l'accord de la N-VA qui la rejette purement et simplement parce qu'elle ne constitue pas "une bonne base pour commencer des négociations." Le leader du parti nationaliste est simplement fidèle à ses principes : la N-VA est le parti de 6 millions de Flamands, comme il le clame haut et fort sur son site internet... Dont acte. Et maintenant ?
Où va la Belgique ?
Les autres partis, à l'exception du CD&V, qui fait de plus en plus figure de toutou de la N-VA, ont accepté la note. Mais l'arithmétique est têtue, et constituer un gouvernement sans les nationalistes de Bart De Wever sera difficile. Surtout, sans le poids électoral du CD&V.
Plusieurs scénarios sont possible :
- De nouvelles élections : mais avec une N-VA plus forte que jamais dans les sondages, on va droit au clash ! Cela ne ferait qu'augmenter la distance entre Wallons et Flamands...
- On constitue un gouvernement sans la N-VA : techniquement, c'est faisable si le CD&V revient à la raison, ce qui est peu probable. Mais alors, on passe outre le choix de millions d'électeurs flamands...
- On donne du temps à Di Rupo pour peaufiner sa note et laisser redescendre la tension : mais est-il bien raisonnable de prolonger davantage cette crise politique ? Et n'obtiendra-t-on pas l'effet inverse : la lassitude de l'électeur qui a voté depuis plus d'un an et ne voit rien venir d'autre qu'un Leterme éternel ?
- Un gouvernement sans la N-VA et le CD&V qui ne s'occuperait que des problèmes socio-économiques : mais alors, pourquoi ne pas conserver l'actuel gouvernement qui, tout compte fait, ne s'en sort pas si mal en affaires courantes ?
Le courage de dire Stop !
Nos confrères de Sud-Presse proposent une autre solution qui a l'heur de plaire à 65 % de ses lecteurs : on organise un référendum pour demander aux Belges s'ils souhaitent toujours vivre ensemble...
Et on en tire les leçons. Ce pays est-il encore gouvernable ? Les Wallons et les Flamands ont-ils encore des choses à se dire ?
Il est permis d'en douter à la vue des récents évènements et il faut peut-être faire notre deuil de ce "pays imaginaire" cher à nos poètes surréalistes.
Mais pour l'instant, ce sont surtout nos politiciens qui sont surréalistes. Et les citoyens qui en voient de toutes les couleurs... (MB).
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