Berlin semble ne pas vouloir tout oublier.En présence de la chancelière Angela Merkel, l’Allemagne commémore ces 12 et 13 août 2011, la construction du Mur de la honte, en souvenir de tous ceux qui sont morts en essayant de le franchir.
Dans la nuit du samedi 12 au dimanche 13 août 1961, Walter Ulbricht, dirigeant de l’Allemagne de l’Est communiste, donnait l’ordre de lancer «l’opération rose» qui avait pour objectif la réalisation d’un mur de protection antifasciste, premier du genre au XXème siècle, une barrière érigée en une seule nuit et qui permettra de mettre fin à l’exode des habitants de RDA dans les zones d’occupation alliées afin de les empêcher de fuir par Berlin Ouest. 160 kms de no man’s land, du béton, des zones sableuses, 116 miradors, des chiens en meutes hargneuses, des fils barbelés, des gardes frontières armées…
Des dizaines de milliers de soldats est-allemands vont être investis dans ce travail. A ce moment 2,5 millions d’habitants ont déjà quittés la RDA. Ces allemands de l’Allemagne de l’Est ont continué par tous les moyens de rallier l’Ouest, creusant des tunnels, sautant des clôtures ou cachés dans des camions. Et un millier de personnes ont péri au pied du « Mur ».
Cinquante ans après, la ville se souvient du "Mur de la honte" qui coupa Berlin en deux pendant 28 ans. Une minute de silence a été respectée et les cloches des églises ont retenti à midi. Les drapeaux allemands étaient en berne au sommet du Reichstag. A quelques mètres du siège du Parlement allemand, un alignement de croix blanches accrochées à un grillage, des noms, des dates et quelques fleurs marquent le souvenir des victimes.
Ceux qui ont été tués, ou ceux qui ont été emprisonnés pour avoir tenté de fuir, "ne sont pas les seules victimes de ce Mur", a rappelé le président de la République allemand Christian Wulff, lors de la cérémonie de commémoration. "Derrière lui, des millions de gens ont dû renoncer à décider eux-mêmes de leur vie".
Quant au maire de Berlin, le social-démocrate Klaus Wowereit, il a déclaré «le Mur de Berlin était et reste une honte, et cela doit être dit clairement». (AD)
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