Tout compte fait, l’ancien président du Conseil italien adore les homos et fait amende honorable – à sa manière – 16 mois après son dérapage homophobe controversé.
Revenant sur les scandales qui ont marqué son dernier mandat dans le magazine américain «The Atlantic», l'ineffable Silvio Berlusconi n'a rien perdu de sa goguenardise. «Tout ce que j'ai fait était absolument légitme, a soutenu le milliardaire de 75 ans. La seule chose dont je n'ai pas été accusé dans ce tourbillon de calomnies c'est d'être homosexuel. Je n'ai rien contre eux, soyons clair. D'ailleurs j'ai toujours pensé que plus il y avait de gays, moins il y a de concurrence.»
Une politique anti LGTB
Silvio Berlusconi a démissionné de ses fonctions de Président du conseil italien ce 11 novembre. Son dernier mandat, de 2008 à 2011, aura été marqué par un refus systématique de faire avancer les droits LGBT, ainsi que par de nombreuses attaques ou moqueries homophobes. Retour sur quelques uns des faits qui ont marqué ses trois dernières années au pouvoir.
Mieux vaux avoir la passion des belles femmes que d’être gay
Coutumier des déclarations à l’emporte-pièce et douteuses (il a utilisé le mot « bronzé » pour qualifier Barack Obama), Berlusconi s’en est souvent pris aux homos. Dernier dérapage en novembre 2010, devant un auditoire d'hommes d'affaires : le chef du gouvernement avait proclamé qu'il était préférable «d'avoir une passion pour les jolies filles que d'être gay.»
Arcigay l’association LGBT italienne, avait alors exigé des excuses publiques. En pure perte. Le « Cavaliere » s’était même permis d’en rajouter une couche lors d’un meeting avec cette petite phrase: « En chacun de nous, il y a 25% de part d’homosexualité, c’est mon cas aussi sauf qu’après un examen attentif, j’ai découvert que la mienne est lesbienne ».
Pas de mariage et pas d’adoption tant que je serai au pouvoir
Côtés droits, Berlusconi avait promis qu’il n’y aurait pas de mariage ou d’adoption pour les homosexuels tant qu’il serait au pouvoir et il a tenu parole. Les couples italiens ne peuvent toujours bénéficier d’aucun contrat de reconnaissance et les députés italiens ont rejeté toute tentative de créer des lois pour lutter contre l’homophobie, au motif ironique que « les homosexuels sont des citoyens comme les autres » et n’ont donc pas à bénéficier de mesures législatives particulières.
La ministre de l’Égalité des chances a même fait disparaître en douce les LGBT de la liste des personnes pouvant être discriminées. Conséquence: l’Ilga (International lesbian and gay association) a placé l’Italie tout en bas de son classement des pays dans le domaine de la lutte contre l’homophobie.
L’homophobie comme arme politique
Au delà des provocations destinées à amuser la galerie, Berlusconi et son parti n’ont jamais hésité à se servir de l’homophobie comme d’une arme politique. Son camp avait ainsi brandi la menace d’une « invasion » LGBT si jamais la gauche gagnait les élections municipales de mai 2011, allant même jusqu’à déclarer que Milan deviendrait « La Mecque des gays ».
Ci-dessous, un moment d’anthologie sur le web. Un faux Berlusconi simule un acte sexuel en public ! (AD)
Berlusconi : plus il y a de gays moins il y a de concurrence (vidéo)
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