C’est la dèche chez les profs Actua
C’est la dèche chez les profs
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C’est la dèche chez les profs

Chaque année, c’est pire. Le nombre d’enseignants est en baisse dans les trois réseaux et dans toutes les zones de la Communauté française. Pénurie d’instituteurs en maternelle et en primaire, pénurie de profs de mathématiques, de langues et de sciences.

Cette disette affecte plus sérieusement les grandes villes où Bruxelles est particulièrement touchée et les établissements scolaires « difficiles ». Cette cartographie de l’enseignement a été reprise dans un arrêté qui devrait paraître sous peu au Moniteur.

En cette veille de rentrée scolaire, les directeurs d’école s’arrachent les cheveux pour trouver des enseignants et ce ça ne va malheureusement pas s’améliorer.

D’où provient cette désaffection pour un métier indispensable dans notre société ?  La doit-on aux mesures Onckelinx de ’95-’96 dans l’enseignement secondaire, passées en force malgré de longs mois de grève et de manifestations qui ont pour longtemps démobilisé et déconsidéré des milliers d’enseignants ? Depuis 30 ans s’accumulent des réformes en tous genres, souvent contradictoires qui à la longue créent ou renforcent chez les enseignants de lourds sentiments de culpabilité voire d’incapacité.

La doit-on au nombre important d’enseignants qui partent en retraite ou en préretraite ?

La doit-on à beaucoup de jeunes enseignants qui, après quelques années de métier dans des conditions difficiles, cèdent à l’appel de sirènes plus rémunératrices dans le secteur privé ? Ces dernières années, un jeune enseignant sur trois quitte le secteur enseignement après une seule année d’expérience jugée trop difficile !

Le bidouillage des ministres successifs n’y change rien : des postes d’institutrices primaires sont occupés par des institutrices maternelles sans aucune passerelle. Quant aux emplois d’institutrices maternelles, ils sont légitimés en faveur de puéricultrices.  Des « enseignants » qui n’ont pas le diplôme requis obtiennent des dérogations et enseignent sans formation et sans pratique suffisante !

Peut-on rêver et imaginer dans un futur gouvernement, un ministre de l’enseignement qui émane du monde de l’enseignement et connaisse donc les problèmes de l’intérieur ; qui mette la fonction de professeur en valeur et qui soit à l’écoute de tous intervenants ? Oui, ça tient bien du rêve !

L’enseignement est un fondement de notre société de demain. Il serait peut-être temps d’arrêter toutes ces réformes de surface qui ne servent à rien et qui nivellent le niveau par le bas pour reprendre le problème à la base. (IH)

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