Les parents de Melissa, Carine et Gino Russo, ont eux aussi été chamboulés par l’annonce de la libération possible de Michelle Martin. Gino Russo, qui refuse tout interviews ou presque depuis 2004, nous a accordé quelques instants en sortie de l’émission « Mise au Point », sur la RTBF, ce dimanche 15 mai dernier.
« La nouvelle de cette libération m’a d’abord révolté », explique Gino Russo. « Je l’ai ressentie comme une nouvelle provocation du monde judiciaire. Mais finalement, cela m’est égal de savoir qu’elle épluche des pommes de terre dans un couvent ou qu’elle fasse du macramé en prison. Ce n’est pas tant la libération potentielle en question qui me gêne mais le fait que le système ait décidé de la libérer. Cela, je ne le comprends pas. C’est une nouvelle provocation de la Justice à l’égard des victimes. J’ai l’impression que depuis le début, dans cette affaire, on tente de minimiser le rôle de Michelle Martin », estime Gino Russo. « Or, j’ai encore lu récemment dans un livre sorti sur elle qu’elle n’a aucun remord et qu’elle se pose exclusivement en victime. Victime de son enfance, de son passé, de Marc Dutroux ».
Dans « Vous vous appelez Michelle Martin », la romancière namuroise Nicole Malinconi rapporte, en effet, les propos d’une femme qui n’a aucun regrets. L’ex-femme de Dutroux considère que les rapts, les viols, les morts, toute cette horreur est «derrière elle».
A notre demande : « comment arrivez-vous à vous lever chaque matin depuis la disparition de Mélissa ? », Gino Russo nous avoue avancer pour les gens qui l’entourent, pour sa femme, sa famille et ses amis. « Ma fille est partie et tout ce qui me reste c’est ma capacité d’indignation et ma liberté d’expression ! Je n’approuve pas la décision du Tribunal d’application des peines. Cette décision est humiliante pour nous les parents et pour les victimes ».
Et de poursuivre : « la démocratie me donne l’impression de régresser mais je reste opposé à la peine de mort. On ne punit pas le mal par le mal. Aux jeunes générations et aux enfants de demain, j’ai envie de dire que j’espère sincèrement que ce dossier reste une exception dans l’histoire. Je souhaite les rassurer sur le fait qu’il n’y ait pas des tonnes de Dutroux et Martin en circulation ».
Un magnifique message d’espoir de la part d’un père qui a perdu sa fille dans d’atroces conditions et qui ne suscite qu’une chose : le respect ! Parce que les fleurs poussent aussi parmi les ruines. (AD)
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