Des citoyens réservistes pour la sécurité des quartiers Actua
Des citoyens réservistes pour la sécurité des quartiers
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Des citoyens réservistes pour la sécurité des quartiers

En déplacement à Saint-Ouen, le ministre de l'Intérieur français, Claude Guéant, a indiqué vouloir veut faire appel à des «citoyens réservistes» pour participer à la sécurité des quartiers et « nettoyer les villes ». Relançant ainsi une proposition déjà précédemment soutenue par Nicolas Sarkozy.

« D'avis unanime, Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) n'a jamais été aussi quadrillée. Mardi, plusieurs fourgons de CRS avaient pris possession des lieux de vente de drogue habituels. Un déploiement 24 h/24 lié à la visite, lundi, du ministre de l'Intérieur. Claude Guéant a déclaré vouloir «nettoyer» la ville des trafics », peut-on lire sur 20minutes.fr.

Claude Guéant a donc annoncé lors de ce déplacement, l'élargissement de la réserve de la police (anciens policiers et jeunes retraités) à tous les citoyens lambda. Ils seront formés et rémunérés pour mener des actions de sécurité dans les quartiers.

Une proposition qui n’est pas nouvelle. Déjà dans le Plan « Espoir Banlieue » de 2008, Nicolas Sarkozy avait évoqué le concept de milice citoyenne en proposant le recrutement de « volontaires citoyens », pour venir donner un coup de main aux forces de l’ordre : « Des réservistes expérimentés seront recrutés comme délégués à la cohésion police-population. (…) La réserve citoyenne sera constituée de citoyens, qui comme les sapeurs pompiers volontaires veulent donner un peu de leur temps pour apporter leur contribution à la création d’une meilleure sécurité dans leur propre quartier Ils seront agréés par la police, porteront des signes distinctifs » (...) et effectueront des missions de médiation, de relation avec la population, de sensibilisation à la loi et à la bonne conduite. »

Une idée qui rencontre toutes les réticences de la gauche française mais qui a déjà expérimentée par Silvio Berlusconi dans les quartiers à forte délinquance des villes du Nord de l’Italie où des « rondes citoyennes » sont organisées.

Les patrouilleurs ont des consignes strictes : interdiction du port d’arme, appel des forces de l’ordre en cas d’agression, éviter les provocations, pas plus de cinq personnes par patrouille. Celles-ci affichent sur leur passage de petits macarons : « Association Vénétie sûre. Le groupe de surveillance territoriale est passé cette nuit à… pour un service de repérage et de prévention ». On retrouve ainsi par exemple les Blue Berets et City Angels à Milan et les Sentinelles de la beauté à Florence.

Des zones d’ombre quant à la mise en place d’un tel statut demeurent toutefois chez nos voisins français, ombres qui mériteraient d’être clarifiées selon la gauche française dans l’hypothèse d’une effective mise en place du concept, notamment : comment ces volontaires sont-ils recrutés ? Comment sont-ils formés et encadrés ? Et à quelles informations ces volontaires - soumis à aucune obligation de réserve ou de confidentialité - ont-ils accès ?

Voilà une nouvelle mission en perspective pour les prochaines années qui suscite polémique et débat dans plusieurs pays européens : Va-t-on vers des patrouilles de citoyens, pour aider à faire régner l’ordre public dans nos rues ? (AD)

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