Parmi les idées qui fleurissent dans le monde de la finance belge, certains aimeraient voir naître un système de finances islamiques, correspondant aux valeurs de l’Islam, c'est-à-dire sans spéculation et permettant notamment de contracter des prêts sans intérêt.
L’éthique particulière de l’Islam a longtemps entraîné une forte résistance au développement des outils financiers modernes dans de nombreuses régions du monde musulman, particulièrement dans les pays arabes. L’idée selon laquelle les banques sont des institutions étrangères servant les intérêts des « infidèles » était présente dans l’esprit de nombreux musulmans ce qui avait pour conséquence que seuls les Arabes les plus occidentalisés avaient recours aux services bancaires de ce type. En effet, dans l’Islam, aucune valeur propre ne doit être attribuée à l’argent. Celui-ci ne doit constituer qu’un moyen de transaction, et ne peut donc rapporter de prime que si sa circulation traduit une activité économique réelle.
Bien que la première banque à suivre les principes islamiques soit apparue en Egypte en 1963 (la Banque d’Epargne Misr Ghams, qui deviendra plus tard la Nasser Social Bank), le concept de «banque islamique» est né suite au Sommet Islamique de Lahore de 1974 qui avait recommandé la création d’une Banque islamique de développement (BID).
L’ouverture par des banques occidentales telles que Citycorp ou l’Union des Banques Suisses de comptes conformes à la charia, destinés aux clients musulmans traduirait l’essor grandissant des banques islamiques.
En pratique, la banque islamique ne prête pas l'argent à la personne, mais elle achète la maison. Ensuite, elle revend le bien à la personne avec une marge bénéficiaire sur une durée de vingt ans, période durant laquelle la personne est locataire puis devient propriétaire après ce laps de temps.
Mohamed Boulif est économiste, consultant en finances islamiques, il milite pour que de telles banques se développent en Belgique. Il explique pourquoi ces institutions hésitent à s’installer, même si elles y voient un intérêt : "Il y a en Belgique ", dit-il, "trop de préjugés négatifs autour de l’Islam".
En 1983, les banques islamiques se comptaient à 34 alors qu’en 1997 on en dénombrait 195 puis 200 en 2000. Depuis lors, l’actif total géré par ces banques atteint les 239 milliards de dollars et leur marché croît au rythme annuel de 15%.
Il faut savoir que la majorité des musulmans ne jure que par la finance islamique, et ils sont de plus en plus nombreux dans notre pays. Aujourd'hui, beaucoup d'entre eux sont locataires, mais si un jour la finance islamique est autorisée, cela modifiera considérablement le marché de l'immobilier à Bruxelles. (AD)
Des emprunts islamiques à Bruxelles
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