Les corps de Ana Maria Marcela Yarce Viveros, fondatrice de l'hebdomadaire d'investigation Contralinea et de Rocio Gonzalez Trapaga, une journaliste indépendante, ont été retrouvés dans un parc de Mexico. Les deux femmes ont été assassinées sauvagement...
Le Mexique est le pays le plus dangereux des Amériques pour les journalistes : le rapport Frank La Rue y a recensé 66 assassinats de journalistes entre 2000 et 2010.
Cette fois ce sont les corps de Ana Maria Marcela Yarce Viveros, fondatrice de l' hebdomadaire de journalisme d'investigation Contralinea et de Rocio Gonzalez Trapaga, une journaliste indépendante, ancienne reporter de la chaîne Televisa, «ont été retrouvés dans un parc du quartier d'Iztapalapa», à l'est de la ville de Mexico, a indiqué la revue sur son site internet.
Les corps étaient dénudés, la tête couverte d'un sac plastique, les mains liées et les chevilles entravées. Les deux journalistes avaient disparus après leur sortie du bureau, mercredi soir. Leurs corps ont été retrouvés jeudi matin.
Le Mexique s'est enfoncé dans une vague de violences sans précédent suite aux guerres entre les cartels de la drogue et la police. Les journalistes sont parmi ceux qui paient le plus lourd tribut à cette violence quotidienne.
Humberto Millan, rédacteur en chef d'un journal en ligne et correspondant d'une radio, avait été retrouvé tué il y a une semaine dans l'état mexicain du Sinaloa, un jour après avoir été enlevé par des hommes armés. Y enquêtait-il sur le cartel local, qui est devenu le leader national du trafic d'amphétamines ?
Fin juillet, Yolana Ordaz de la Cruz, reporter spécialisée dans les affaires de police du quotidien Notiver de Veracruz avait été retrouvée la gorge tranchée, trois jours après avoir été enlevée.
Un autre journaliste du même quotidien, Miguel Angel Lopez, avait été assassiné en juin, en compagnie de son épouse et un fils de 21 ans, photographe de presse, dans la même ville.
La liberté de parole est la pire menace pour ces groupes dont le secret est essentiel pour leurs activités criminelles. En Italie, Roberto Saviano vit depuis des années sous surveillance spéciale après avoir révélé des informations sur le clan des Casalese. Ceux-ci ont juré de le tuer.
La liberté de la presse est un garant essentiel de la démocratie. Tuer des journalistes, c'est tuer la parole libre. C'est tuer un peu de démocratie. (MB)
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