Didier Reynders : la règle d'or n'est pas nécessaire en Belgique Actua
Didier Reynders : la règle d'or n'est pas nécessaire en Belgique
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Didier Reynders : la règle d'or n'est pas nécessaire en Belgique

Didier Reynders ne conteste pas le principe de limiter les déficits publics.  Mais il estime qu'il n'est pas nécessaire de l'inscrire dans la constitution comme l'ont fait la France et l'Allemagne.  Il pense qu'il devrait d'abord y avoir une discussion sur la répartition de l'effort entre les différents niveaux de pouvoir.

La règle d'or, c'est, comme l'ont fait la France de Sarkozy et l'Allemagne de Merkel, inscrire dans la constitution du pays qu'on limite les déficits publics.  Une bonne idée à première vue.  Mais qui limite sérieusement la marge de manoeuvre nationale en cas de crise.  Car l'Etat ne peut y relancer l'économie par des chantiers publics, comme l'avait proposé l'économiste britannique John Maynard Keynes.

Ce modèle avait permis l'extraordinaire développement des "30 glorieuses", les trente années qui ont suivi la deuxième guerre mondiale.  Une période qui a vu se développer la consommation de masse.  Une consommation qui a connu un arrêt brutal avec la crise pétrolière de 1973.  Une crise qui a engendré un phénomène inconnu jusqu'alors : la stagflation.  Un mélange inédit d'inflation et de taux de chômage élevé.  Depuis lors, tous les gouvernements occidentaux ont choisi de combattre l'inflation plutôt que le chômage...

La "règle d'or" est un principe qui suit ce modèle :  ne pas creuser les déficits, ne pas augmenter l'inflation.  

Analyser l'effort de chaque niveau de pouvoir

Ce que propose Didier Reynders : analyser d'abord et se mettre d'accord sur la façon dont un tel effort serait porté en Belgique.  La France est un pays hyper-centralisé.  La moindre décision vient de Paris.  L'Allemagne est une république fédérale, mais les décisions économiques font l'objet d'un accord entre toutes les parties - gouvernement, syndicats, patronat, länders - qu'on rencontre rarement ailleurs.

La Belgique, c'est autre chose.  Une preuve ?  Auncun autre pays au monde n'a eu autant de difficultés à établir un gouvernement...  Plus d'un an après les élections, le formateur "espère" former un gouvernement en octobre 2011...

Et on ne parle pas des régions ou des communautés...  Ne mentionnons pas non plus les provinces ou les communes.  Les étrangers n'y comprennent rien.  Et je soupçonne que les Belges sont de moins en moins nombreux à comprendre notre pays...

Et donc, réfléchir à comment nous allons répartir les efforts économiques imposés par une nouvelle règle, fut-elle d'or, ne parait pas forcément idiot...  (MB). 

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