Le ministre des Finances, Didier Reynders s'est dit ce dimanche intéressé pour prendre la tête du Fonds monétaire international, se posant en recours possible face à la Française Christine Lagarde, qu'il reconnaît être la favorite pour être la candidate des Européens.
A un journaliste de la RTBF qui lui demandait s'il était intéressé par le poste, M. Reynders a répondu: “mais bien entendu, ce sont des fonctions qui ne se refusent pas. “Et puis quand on siège comme moi depuis douze ans autour de la table du comité du Fonds monétaire, quand on a une expérience de ministre des Finances, c'est bien entendu une fonction intéressante, une fonction où on peut avoir un impact sur l'activité économique et politique”, a-t-il ajouté.
Le ministre belge a toutefois admis que son homologue française Christine Lagarde était à l'heure actuelle “très concrètement” la favorite pour être la candidate des Européens, en égratignant au passage la volonté des Français de vouloir garder le poste dans leur giron. Officiellement, Christine Lagarde n'est pas encore candidate. Mais plusieurs de ses homologues européens la soutiennent, notamment l'Allemand Wolfgang Schäuble ou le Britannique George Osborne. Une source européenne la jugeait d’ailleurs ce dernier vendredi comme "quasiment intronisée" comme candidate de l'UE.
Christine Lagarde n'est toutefois pas à l'abri d'ennuis judiciaires, un procureur français l'ayant récemment menacée d'une enquête dans un dossier lié à l'ex-homme d'affaires Bernard Tapie, ce qui pourrait sérieusement plomber sa candidature. Sa nationalité pourrait également l'handicaper car depuis 1946, le poste de directeur général du FMI a déjà été occupé durant 34 années au total par des Français, le dernier en date n'étant autre que Dominique Strauss-Kahn lui-même. Certain estime donc qu’il est temps d’en changer tout en voulant préserver à la tête du FMI un candidat européen. Didier Reynders semble donc se poser d’emblée comme un candidat de recours si Christine Lagarde était finalement écartée.
Un droit qui semble « acquis » mais que contestent déjà d'autres régions du monde. Ainsi, la Communauté des Etats indépendants (ex-URSS moins les pays baltes et la Géorgie) a annoncé la candidature du chef de la Banque centrale du Kazakhstan, Grigori Martchenko. Le Mexique, quant à lui, milite pour le gouverneur de sa banque centrale, Agustin Carstens. Et de possibles candidats chinois, indien ou sud-africain sont évoqués.
Les pays émergents estiment ainsi que leur tour est venu de diriger le FMI et de rompre ainsi avec la tradition qui veut qu'un Européen soit à sa tête tandis qu'un Américain préside la Banque mondiale.
Les Européens, soucieux de garder le poste, surtout dans le contexte actuel de crise de la dette en zone euro, sont d'ailleurs en train de réfléchir à une compensation à donner en échange aux émergents, a indiqué à l'AFP un ministre européen s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.
La campagne est donc clairement ouverte, et avec elle les poussée de coudes, pour succéder au dernier directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, forcé de démissionner après les accusations d'agression sexuelle de ses derniers jours. La nomination du nouveau président au poste est attendue début juin. (AD)
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