Dix Belges dont un journaliste spécialiste de l’aéronautique, trois cadres et un inspecteur général de l’enseignement technique sont inculpés depuis 19 ans d’espionnage au profit du KGB et atteinte à la sûreté de l’État. Ils n’ont encore jamais été jugés.
Le parquet de Bruxelles qui n’a pas voulu commenter l’affaire a toutefois confirmé que ce dossier datant de 1992 n’avait jamais été jugé et que le dossier restait ouvert puisqu’il n’y avait pas eu de non-lieu.
Il s’agit du dernier réseau d’espionnage datant de la guerre froide qui a été démantelé en Belgique. Certains suspects travaillaient depuis plus de 10 ans voire 25 ans au profit de Moscou. Le réseau avait encore fonctionné trois ans après la chute du mur de Berlin. S’ils sont jugés, les suspects risquent de 10 à 15 ans de prison.
Par ailleurs, il faut savoir que Bruxelles, Capitale politique de l'Europe, est aussi un haut lieu de l'espionnage mondial, car il s'y concentre des enjeux économiques, technologiques, géopolitiques et militaires. Non seulement l’activité des services secrets étrangers dans la capitale belge n'a pas faibli après la fin de la Guerre froide mais elle s'est, depuis, considérablement développée. A tel point que la Commission européenne a récemment diffusé une note interne auprès de ses cadres les incitant à prendre des mesures pour lutter contre les tentatives répétées de “se procurer des documents officiels et sensibles” sur les activités de la Commission. La note indique que “certains pays, groupes de pression, journalistes et agences privées essaient de se procurer des informations protégées”. Et elle précise que “des personnes liées aux services secrets” opèrent sous la couverture de “boursiers, journalistes, fonctionnaires d’Etats et techniciens informatiques de l’Union européenne (UE) affectés à la Commission européenne”.
Bruxelles, Genève et Washington semblent en effet être des trois villes-clés pour les services d’espionnage du monde entier et dans les affaires politiques et militaires, Bruxelles est encore plus intéressante pour les espions qu’à l’époque de la Guerre froide.
Outre les domaines politiques et militaires classiques, trois autres facteurs font de Bruxelles une destination prisée par les services secrets étrangers : la présence en Belgique de centres technologiques à vocation spatiale et militaire, l'utilisation du territoire comme base arrière du terrorisme international et l'implantation de fortes communautés d’immigrés turcs, marocains et d’Afrique centrale, très actives politiquement et surveillées de près par les gouvernements de leurs pays d’origine.
Sur l’échiquier de l’espionnage en Belgique, la Chine est l’un des pays les plus actifs. Si elle cherche surtout à se procurer des informations scientifiques et technologiques, elle suit aussi de près la question tibétaine, l'activité de ses opposants politiques et le mouvement religieux Falun Gong.
Avec 56.000 diplomates, 15.000 lobbyistes, 1.200 journalistes et des milliers d’interprètes et d’étudiants étrangers, Bruxelles est ainsi l’endroit idéal pour se lancer dans le deuxième plus vieux métier du monde … l’espionnage ! (AD)
Dix belges ont espionné au profit du KGB durant des années
WebAds_Mobile_3
Place comments
0 Comments
You are currently seeing only the comments you are notified about, if you want to see all comments from this post, click the button below.
Show all comments