Enchères : les instruments de torture que vous ne pourrez pas acheter Actua
Enchères : les instruments de torture que vous ne pourrez pas acheter
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Enchères : les instruments de torture que vous ne pourrez pas acheter

Une exposition-vente exceptionnelle prévue ce mardi à l'Hôtel Salomon de Rothschild a été annulée ce week-end sous la pression du ministre de la Culture. Cagoule d'exécuteur, écrase-mains, entrave et boulet de bagnard devaient y être adjugés.

Une corde de pendaison "signée" ou une cagoule d'exécuteur estimée à 2.000 euros… Un écrase-mains, clou de la vente, à 4000 euros, et une épée d'exécution à 2.500 euros. Ou, pour les plus petits budgets, un boulet de bagnard à 500 euros, un fouet à 200 euros, une machine à décapiter à 300 euros ou une "baignoire à têtes décapitées" pour 1.000 euros…

Les curieux qui se pressaient ce week-end à l'Hôtel Salomon de Rothschild (VIIIe arrondissement de Paris) pour apercevoir ces sinistres objets promis à la vente mardi ont été déçus. Un coup de fil du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a mis fin à l'exposition et à la vente. « Devant l'émotion suscitée, nous avons décidé de la suspendre », a indiqué le commissaire priseur Bertrand Cornette de Saint-Cyr.

Commercialiser la torture

La vente de quelques 300 objets, mais aussi gravures et autographes a suscité l'indignation d'associations et d'élus, jusqu'en Algérie. La collection, issue du Musée historique de la Justice et des Châtiments à Fontaine de Vaucluse, a été amassée par l'ex-bourreau Fernand Meyssonnier, mort en 2008, qui a procédé notamment à 198 exécutions judiciaires en Algérie entre 1957 et 1962.

« Il y a quelque chose de cynique, de morbide à commercialiser la torture », estime le sénateur PS du Loiret Jean-Pierre Sueur, qui a adressé une lettre en ce sens au Premier ministre. « C'est outrageant pour toutes les victimes de la torture, dont certaines sont encore vivantes. Si certaines personnes veulent entretenir la mémoire, elles peuvent confier ces objets aux musées ou aux Archives nationales ».

Le parlementaire a par ailleurs indiqué qu'il va "réfléchir à une solution législative" pour qu'une telle vente aux enchères ne soit plus possible. (AD)

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