Il est interdit d’utiliser les organes de patients séropositifs pour des greffes. Pourtant, la demande est si forte que les malades infectés par le VIH, qui vivent désormais plus longtemps, pourraient bénéficier d’un assouplissement de la loi, explique le New York Times.
David Aldridge a reçu une greffe de rein en 2006 mais il en aura bientôt besoin d’une nouvelle. Comme bon nombre de personnes infectées par le VIH, il souffre d’insuffisance rénale, conséquence du virus lui-même ou du traitement qui permet de le contenir. Il y a encore peu de temps, les patients séropositifs ne pouvaient pas bénéficier de ce genre d’intervention car les médecins jugeaient leur état de santé trop dégradé. A présent, ils peuvent faire l’objet d’une transplantation d’organe mais la liste des demandeurs est longue. Or pour David Aldridge, 45 ans, ainsi que d’autres patients séropositifs, une source potentielle d’organes reste inutilisée : les donneurs séropositifs. Mais cette solution est actuellement illégale, même à destination d’autres porteurs du virus.
C’est pourquoi, certains représentants des autorités fédérales sanitaires ainsi que plusieurs experts appellent aujourd’hui à revenir sur l’amendement au National Organ Transplant Act, loi qui interdit depuis vingt-trois ans la greffe d’organes infectés par le VIH. Selon le Dr Dorry Segev, responsable du département de chirurgie à l’université Johns Hopkins, « entre 500 et 600 reins et foies pourraient être prélevés chaque année sur des donneurs séropositifs si la loi l’autorisait, ce qui permettrait de réduire la liste des malades en attente alors que près de 110.000 américains sont en attente de greffes ».
Il y a quelques années encore, les patients séropositifs ne pouvaient pas bénéficier de greffes d’organes car les médecins craignaient que le virus ne compromette les greffes ou que le traitement immunosuppresseur utilisé dans les transplantations ne rende le virus plus dangereux. Un essai clinique à grande échelle a pourtant révélé que les résultats chez les receveurs séropositifs étaient “aussi bons que chez les patients séronégatifs”, explique le Dr Peter Stock, chirurgien spécialiste des transplantations à l’université de Californie à San Francisco.
Tout le monde, même au sein de la communauté gay, ne partage toutefois pas ce vent de réforme. En effet, en greffant un organe séropositif à un patient séropositif, il y a cette idée que le greffon pourrait être plus néfaste pour le malade que bénéfique dans la mesure où le donneur pourrait être infecté par une souche plus virulente du virus.
A Los Angeles, David Aldridge, séropositif depuis vingt-cinq ans, serait prêt à prendre le risque d’accepter un rein contaminé : « certaines personnes se demandent pourquoi « gâcher » une greffe pour des gens comme nous. Si nous pouvions nous aider mutuellement, ce serait un grand progrès». Le débat est lancé outre-Atlantique ! (AD)
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