Eternit : une famille belge décimée par le cancer réclame justice Actua
Eternit : une famille belge décimée par le cancer réclame justice
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Eternit : une famille belge décimée par le cancer réclame justice

C’est un procès historique qui s’est ouvert ce lundi à Bruxelles : Les survivants d'une famille belge décimée par le cancer réclament près de 400.000 euros à la société Eternit, un gros producteur d'amiante qu'ils accusent d'avoir négligé la nocivité de cette substance utilisée pendant des décennies dans le secteur de la construction. Une cinquantaine de personnes, dont certaines venues de France, s'étaient rassemblées devant le palais de Justice avec des banderoles frappées des slogans « L'Amiante tue » ou « Rendez justice ».

La demande a été introduite devant une juridiction civile plus de dix ans après le dépôt d'une plainte par Françoise Jonckheere, l'épouse d'un ancien ingénieur d'Eternit, qui produisait du béton-amiante à Kapelle-op-den-Bos, au nord de la capitale belge.

L'ingénieur est décédé du mésothéliome (cancer de la plèvre), le cancer causé par l'amiante, en 1987. Sa femme a elle-même succombé à la maladie en 2000. Toute la famille habitant jusqu'en 1991 à proximité de l'usine, elle estime avoir été contaminée par l'amiante présente dans l'air ambiant et par des poussières ramenées à la maison par le mari.

Françoise  de Jonckheere avait fait promettre à ses cinq fils de poursuivre son combat judiciaire, ce qu'ils ont fait. Outre les parents, deux des enfants sont également décédés d'un cancer de la plèvre.

La famille réclame aujourd’hui 399.500 euros d'indemnités pour les dommages subis par Mme Jonckheere, son conjoint et ses enfants, a précisé à l'AFP leur avocat, Maître Jan Fermon.

L'amiante n'a été interdite en Europe qu'en 1998 et en Belgique en 2005, suite à une directive européenne interdisant toutes les utilisations de l’amiante. Les plaignants ont toutefois plaidé qu'Eternit Belgique devait connaître ses dangers dès les années 1960 mais qu'elle avait continué à l'utiliser. Le tribunal rendra son jugement le 28 novembre prochain.

En mars dernier, le baron Louis de Cartier et l'industriel suisse Stephan Schmidheiny (dirigeants de l’entreprise) faisaient déjà l’objet d'une enquête à Turin, en Italie, pour homicide involontaire, après la mort d'un millier de personnes victimes de maladies liées à l'amiante depuis 2008. Cette enquête a également débouché sur un procès, mais au pénal cette fois, avec plus de 6000 plaintes de parties civiles déposées.

Dans le procès de Turin, Stephan Schmidheiny et Louis de Cartier sont jugés pour homicides intentionnels en raison des morts causées par l'exposition à l'amiante dans les quatre usines transalpines du groupe de 1973 à 1986. Ils encourent des peines de prison allant de deux à douze ans et des centaines de millions d'euros de dédommagement.

Même si la Justice donne raison à la famille Jonckheere, l’amiante reste un énorme problème de santé publique en Belgique et en Europe: ce matériau est encore partout, jusque dans les écoles, et il faudra au moins 40 ans avant que le pays en soit débarrassé. Quant au cancer de la plèvre, le délai d’incubation est de 30 à 40 ans. D’autres cas de victimes de l’amiante sont à prévoir. (AD)

Plus d’infos sur :
Association Belge des Victimes de l’Amiante
http://www.abeva.be/

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