Etre pédé c’est conforme à la Charia Actua
Etre pédé c’est conforme à la Charia
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Etre pédé c’est conforme à la Charia

Deux scandales, dont l'un implique le ministre de l'Intérieur filmé lors d'ébats homosexuels, enflamment la Tunisie. Les gays et lesbiennes en font les frais dans l’opinion publique. Etre pédé serait conforme à la Charia.

Le 18 janvier dernier, une vidéo de 45 minutes en noir et blanc était postée sur YouTube. On y distingue deux hommes ayant des relations sexuelles dans une cellule de prison. Jusque-là, rien d’exceptionnel mais en zoomant sur quelques gros plans de visages, les internautes tunisiens ont semblé reconnaître Ali Larayedh, l'actuel ministre de l'Intérieur et membre du parti islamiste au pouvoir Ennahda.

La vidéo a entretemps été supprimée mais on sait que dans les années 90, Ali Larayedh était détenu en prison pour ses activités politiques au sein d'Ennahda, alors interdit. Il avait écopé de 15 ans de réclusion. Le téléchargement de cette vidéo « porno-politique » a été revendiqué par la gauche et a été mise en ligne peu après l'annonce par le gouvernement tunisien que trois mandats d'arrêts avaient été délivrés contre des hauts fonctionnaires du ministère de l'Intérieur, encore noyauté par des anciens fidèles du président déchu.

Il est impossible de juger de l’authenticité de ce document, dont l’image est de très mauvaise qualité. Il n’est notamment pas possible de distinguer clairement le visage des hommes qui ont une relation sexuelle et il pourrait s’agir d’une mise en scène. Pour Samir Dilou, porte-parole du gouvernement, cette vidéo n’est d’ailleurs rien qu’un "montage". La diffusion de cette vidéo a en tout cas déclenché un élan de solidarité dans la classe politique tunisienne, qui a unanimement condamné des méthodes de déstabilisation indignes.

Ennahda : un parti de pédé

Deux jours avant cet incident, le 16 janvier, Naji Behiri, le frère du ministre tunisien de la Justice, était libéré de prison en vertu d'une amnistie présidentielle, bien qu'accusé d'avoir violé un jeune garçon dans sa ville d'origine.

Une vague de colère s'est soulevé dans le pays, accusant Ennahda d'être de mèche avec les homosexuels et les pédophiles. Des propos anti-homo d’une extrême violence ont été postés sur les sites rapportant la nouvelle et sur les réseaux sociaux, la plupart exigeant que Behiri reste en prison.
Ces deux scandales ont fait naître une sorte de «panique homosexuelle». Certains réclament la démission du ministre de l'Intérieur, son comportement violant les valeurs islamiques, tandis que d'autres exigent qu'il soit inculpé.

Le discours public est saturé de théories selon lesquelles le parti est plein d'homosexuels, d'individus qui protègent les gays/pédophiles ou qui sont incapables de protéger la Tunisie d'une épidémie d'homosexualité. On voit aussi circuler des blagues faisant d'Ennahda un parti de «pédés». Une parodie d'affiche du parti diffusée via Facebook (voir ci-dessus), montre deux femmes voilées s'embrassant sur la bouche avec pour slogan: «Etre pédé, c'est conforme à la Charia». (AD)

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