L'affaire du docteur français Bonnemaison, l’urgentiste de l’hôpital de Bayonne mis en examen pour avoir pratiqué à cinq reprises l'euthanasie sur des patients en fin de vie, fait largement réagir sur les réseaux sociaux.
Les internautes se mobilisent sur Facebook pour soutenir le médecin de Bayonne mis en examen vendredi pour «empoisonnement». Marié à une anesthésiste et père de deux enfants, il est décrit comme un médecin « sérieux, consciencieux et à l’écoute ». Un homme passionné par son travail, qui en tant que chef des urgences « savait organiser le service, tenir ses dossier avec rigueur, être à l’écoute tant des patients que de son personnel », selon ses collègues.
Un groupe Facebook (977 membres) intitulé «Soutien à Nicolas Bonnemaison» et une page Facebook (6465 membres) baptisée «Soutien à Nicolas Bonnemaison, urgentiste soupçonné d'euthanasie active» rassemblent des centaines d'internautes qui témoignent ou commentent des cas personnels de fin de vie : «Il faut avoir vécu le calvaire d'un proche pour comprendre », ou encore « Soutien total, souvenir de ma mère, 87 ans, Alzheimer avancé qui ne voulait plus vivre.»
Tous les commentaires postés attestent de la complexité de ce débat : avoir la liberté d’avoir le choix de choisir sa fin de vie et pouvoir le demander. Mais qu’en est-il en Belgique alors que l’on sait que le serment d’Hyppocrate que prêtent les médecins affirme : « je ferais tout pour abréger les souffrances et je ne prolongerais pas inutilement les agonies ».
Malgré les variations de législation sur l’euthanasie eu Europe et dans le monde, de manière générale, tous les pays s’accordent pour distinguer l'«euthanasie active» ou «suicide assisté», lequel consisterait à provoquer intentionnellement la mort, de l’«euthanasie passive», lequel consiste en l'interdiction de l'«acharnement thérapeutique», c'est-à-dire au maintien artificiel de la vie, sans espoir de retour à une vie «normale», éventuellement contre la volonté du patient.
En Belgique, l’ «euthanasie active» est légale depuis début 2011, la Belgique rejoignant ainsi deux autres pays : les Pays-Bas et le Luxembourg. Le suicide assisté, quant à lui, est légal en Suisse ainsi que dans les Etats américains de l'Oregon et de Washington.
La plupart des pays, dont la France, interdisent donc encore aujourd’hui toute forme d’euthanasie, d’où la mise en examen du docteur Bonnemaison. Soulignons toutefois que quelle que soit la solution retenue, tous tendent à affirmer qu’un seul principe doit être protéger : la dignité du patient doit être sauvegardée. (AD)
Euthanasie : mobilisation sur Facebook pour le docteur Bonnemaison
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