Faux médicaments : un marché plus juteux que celui de la drogue Actua
Faux médicaments : un marché plus juteux que celui de la drogue
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Faux médicaments : un marché plus juteux que celui de la drogue

32 millions d'euros : c'est le chiffre d'affaire des producteurs de faux médicaments dans le monde. Cela représente 10 % du marché mondial des médicaments. Mais le chiffre est en pleine explosion : en 5 ans, la contrefaçon de médicaments a presque été multipliée par 10 aux Etats-Unis.

C'est un marché encore plus juteux que celui de la drogue : d'ailleurs ce sont les mêmes qui sont aux commandes des deux trafics. Les mafias et les organisations criminelles qui ont trouvé un débouché idéal : peu coûteux à produire, facile à écouler et présentant moins de risque en cas d'arrestation. Car si les états sont de plus en plus nombreux à durcir leur législation en matière de répression des trafics de drogue, ils sont souvent à la traîne en matière de médicaments contrefaits...

Pourtant, ceux-ci présentent des dangers aussi élevés pour la santé, d'autant qu'ils s'adressent à des personnes déjà fragilisées par la maladie. Dans le meilleur des cas, les médicaments falsifiés ne contiennent que de la poudre de perlimpimpin : des substances inoffensives qui, si elles ne soignent pas les maladies visées, n'entraînent pas d'empoisonnement ou de dégradation majeure de l'état de santé.

Mais, les douaniers ont saisi des lots qui contenaient de l'acide borique ou de la mort aux rats... Dans ce cas, pas de pardon, la victime non seulement n'est pas soignée pour son mal, mais elle peut mourir dans des souffrances atroces.

Nous ne sommes pas égaux devant ces trafics : si le marché mondial représente environ 45 milliards de dollars (près de 32 millions d'euros), la répartition géographique des pays touchés montre de profonds déséquilibres.

Ainsi, selon la fédération des entreprises pharmaceutiques de France (LEEM) en Afrique, ce sont près de 50 % des médicaments vendus qui sont faux, tandis que 12 % des médicaments russes seraient contrefaits ainsi que 30 % des produits indonésiens et 35 % des importations libanaises.

En Europe, la proportion de médicaments contrefaits n'atteignait pas 10 % jusqu'ici, sauf en Angleterre où des réseaux particulièrement efficaces exploitaient les défaillances du système de santé britannique.

Mais Internet est en train de changer la donne : si on en croit les spécialistes, environ 90 % des médicaments non prescrits vendus en ligne seraient faux ou périmés. Tous les pays-membres de l'Union européenne signalent une augmentation massive des faux depuis 2008. En Europe, 49.000 contrefaçons avaient été saisies en 2008 pour 43.000 en 2007.

Et la diversification des produits montre que les faussaires ont une bonne connaissance de marchés : la Belgique était victime de faux antidépresseurs, les Pays-Bas d'anticancéreux plus vrais que nature et les Anglais ont été inondés de faux... Viagra !

Outre les pertes financières pour les entreprises et les états, c'est surtout le risque sanitaire qui est important. Hier, vendredi, l'Organisation des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) publiait un communiqué demandant aux états-membres de lutter activement contre cette forme particulièrement pernicieuse de criminalité. (MB).

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