Un suspect a été arrêté ce lundi, placé en détention et présenté à un juge dans l’affaire du meurtre de deux étudiantes françaises en Argentine. Selon des informations non confirmées, il pourrait s’agir d’un loueur de chevaux pour touristes, qui a été vu avec les deux jeunes femmes. Il a été relâché quelques heures plus tard, faute de preuves. Rebondissement ce mardi : un nouveau suspect a été interpellé.
Les deux Françaises tuées par balle en Argentine s'appelaient Cassandre et Houria.
Cassandre Bouvier, la plus âgée des deux jeunes femmes, était brune et dynamique. A 29 ans, elle étudiait déjà depuis plusieurs années, à Paris, à l'Institut des hautes études de l'Amérique latine (IHEAL) où elle s'impliquait au sein du collège des étudiants. Elle venait de participer à l'organisation un colloque sur l'orientalisme en Amérique du sud à Buenos Aires.
Houria Moumni. A 24 ans, cette jeune femme d'origine marocaine venait de passer brillamment son Master 1 sur la migration syro-libanaise en Argentine. «C'était une excellente étudiante. Elle avait eu une très bonne note. C'était une élève très sérieuse, un modèle d'intégration scolaire», raconte sa directrice de mémoire Polymnia Zagefka. Houria se trouvait en Argentine pour continuer des recherches sur le terrain.
Selon la présidente de leur établissement scolaire, il s'agissait de deux élèves "brillantes" qui "consacraient leurs talents et leur énergie à étudier l'Amérique latine".
Les familles des victimes, qui s’envolaient ce jour pour l’Argentine, ont demandé que "leur douleur et leur intimité soient respectées ».
Reconstitution des faits :
Les enquêteurs semblent reconstituer pas à pas la succession des événements précédant le drame. Les deux Françaises étaient arrivées à Salta, capitale de la province, en autocar le 11 juillet, venant de Buenos Aires. Elles devaient en repartir le 19 juillet. Elles sont entrées sur le site de randonnée de San Lorenzo le 15 juillet, selon leur ticket acheté à 16h23. C'est dans ce site que leurs corps ont été retrouvés le long d'un des sentiers. Deux touristes ont donné l'alerte en découvrant l'un des corps, vendredi 29 juillet dans la soirée. Le second a été trouvé un peu plus tard par les enquêteurs.
L'une des victimes aurait été tuée d'une balle dans le front. Elle présentait des traces de violences sexuelles. Elle aurait résisté à son agresseur et lui aurait arraché des cheveux retrouvés dans son poing fermé. L'autre victime, retrouvée à quelques mètres de là, a été tuée d'une balle dans le dos. Elle a été retrouvée le pantalon sur les chevilles, mais ne semble pas avoir été violée.
Selon le rapport du médecin légiste, leur décès serait intervenu entre le mardi 26 et le jeudi 28 juillet, ce qui pourrait indiquer que les jeunes femmes auraient été séquestrées pendant plusieurs jours.
Un ou plusieurs meurtriers?
Quant à l'identité du ou des meurtriers, le juge Martin Perez ne néglige pas la piste locale, écartée par une partie de la population de cette zone réputée tranquille. Il estime que le ou les auteurs du double crime pourraient se trouver parmi la population clairsemée, des bergers qui élèvent leurs animaux dans des conditions précaires, ou bien parmi les employés du site de randonnée, exploité par une entreprise privée. Ou un chasseur, même si l’arme de calibre 22 retrouvée correspond moins à un fusil de chasse qu'à une arme de courte portée.
Pour compléter l'enquête, la police recherche désormais cinq témoins clés qui sont entrés sur le site touristique quelques minutes après les deux femmes, le 15 juillet.
La police locale a confirmé une arrestation ce lundi, un homme loueur de chevaux âgé de 43 ans mais qui a finalement été libéré, "faute de preuves". Ce mardi, une autre arrestation aurait eu lieu : le suspect "aurait un lien avec l'arme du crime".
Emotion en France
Depuis l'annonce de la mort des deux Françaises, les hommages se multiplient, notamment sur la page Facebook de l’établissement d’école supérieure que les jeunes filles fréquentaient, l'IHEAL.
Le quai d'Orsay a quant à lui affirmé que "les services consulaires français en Argentine, en liaison étroite avec les autorités locales, sont pleinement mobilisés pour déterminer les circonstances de ce drame". "Le centre de crise du ministère des Affaires étrangères et européennes est en contact avec les familles de nos compatriotes pour leur apporter toute l'aide et tout le soutien nécessaires dans ces circonstances particulièrement douloureuses", assure encore le ministère.
Un drame incompréhensible dans la mesure où la zone touristique où les deux Françaises ont été tuées n'a pas mauvaise réputation en Argentine. (AD)
Françaises tuées en Argentine : où en est l’enquête?
WebAds_Mobile_3
Place comments
0 Comments
You are currently seeing only the comments you are notified about, if you want to see all comments from this post, click the button below.
Show all comments