Geert Wilders demande l'acquittement à ses juges Actua
Geert Wilders demande l'acquittement à ses juges
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Geert Wilders demande l'acquittement à ses juges

Le chef de file du parti populiste se pose en défenseur de la liberté : "Je suis obligé de parler, car les Pays-Bas sont menacés par l'islam". Inculpé d'incitation à la haine et discrimination envers un groupe, il risque un an de prison et 7.600 euros d'amende. Mais le climat politique lui est nettement favorable...

Le "cirque Wilders" se terminera le 23 juin. Le "cirque Wilders", c'est comme cela que certains médias aux Pays-Bas appellent le procès intenté contre Geert Wilders, le leader du Parti de la Liberté (PVV - Partij voor Vrijheid). Geert Wilders est inculpé pour haine raciale et discrimination envers un groupe, infraction pour laquelle il risque un an de prison et 7.600 euros d'amende. Il accuse l'islam d'être non pas une religion mais une variante du fascisme, veut interdire aux Pays-Bas le coran qu'il compare à Mein Kampf, le livre de Hitler, et accuse le prophète Mohammed d'être un pédophile et un malade mental - ce sera le sujet de son prochain film qui sortira en 2012...

Un cirque car ce procès qui aurait dû se terminer depuis longtemps n'en finit pas de rebondir en péripéties : Wilders se pose en victime de la liberté d'expression, récuse ses juges - car l'un d'eux, lors d'un dîner avec un expert qui lui était défavorable aurait pu être influencé - tente de récuser les nouveaux, etc.

Le 23 juin, les nouveaux juges rendront donc leur verdict. Mais la population néerlandaise a déjà donné le sien. Dans une enquête de l'institut de sondage de Maurice de Hond, 80 % des Néerlandais pensent qu'il sera acquitté. Moins de 1 % croient qu'il sera condamné à une peine de prison... La popularité du leader populiste n'a jamais été aussi grande que depuis que son parti soutient la politique ultra-libérale du gouvernement Mark Rutte.

Pourtant, dans la société néerlandaise, tout le monde n'est pas prêt à se laisser entraîner par la vague xénophobe représentée par Wilders et son parti. Annemie Nijhoof, directrice générale de l'administration de l'Eau au ministère des transports et de l'eau vient de démissionner de son poste, dénonçant le climat "dur et grossier" qui règne aux Pays-Bas. Elle se dit "inquiète du glissement de ce pays et appréhende les prochaines élections". Elle explique : "1,6 million de nos concitoyens sont traités par le PVV comme des fondamentalistes ennemis de notre état de droit. Je ne peux plus trouver de l'énergie et de l'implication dans mon travail dans un tel climat."

Il y a quelques semaines, lors d'une séance parlementaire, Geert Wilders avait traité les électeurs musulmans du parti socialiste néerlandais de "bétail électoral islamiste".

Dans un tel climat, les Néerlandais ont sans doute raison de ne pas attendre de leur justice, une sévérité excessive à l'égard des idées de M. Wilders. (MB).

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