Geneviève Lhermitte, la quintuple infanticide de Nivelles réclame 3 millions à son psy Actua
Geneviève Lhermitte, la quintuple infanticide de Nivelles réclame 3 millions à son psy
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Geneviève Lhermitte, la quintuple infanticide de Nivelles réclame 3 millions à son psy

Geneviève Lhermitte, condamnée en décembre 2007 à la réclusion à perpétuité pour avoir tué ses 5 enfants (quatre filles et un garçon, âgés de trois ans et demi à 14 ans), estime que son psychiatre a commis une faute.

S
elon, Lhermitte, son médecin n'aurait pas pris en compte sa dernière lettre de détresse qui datait de la veille du massacre. Elle lui réclame 3 millions d'euros de dommages et intérêts et un euro à titre provisionnel.

Le drame avait eu lieu le 28 février 2007 à Nivelles. Geneviève Lhermitte avait poignardé ses 5 enfants l’un après l’autre au domicile familial. Une heure avant les faits, Geneviève Lhermitte avait déposé une lettre d'adieu dans la boîte aux lettres d'une amie, écrivant notamment "j'ai pris ma décision de partir avec mes enfants très loin et pour toujours". Elle accusait son mari, Bouchaïb Moqadem, d'être sourd à sa détresse et s'en prenait à Michel Schaar, un médecin qui vivait en partie avec le couple et subvenait quasi totalement à ses besoins financiers depuis son mariage.

Après son geste, Lhermitte à couché ses enfants sur les lits de la maison et a disposé des peluches dans les bras de chacun d’eux, expliquant aux enquêteurs qu'elle voulait que ses enfants "soient accompagnés et se sentent bien". Elle avait prévenu elle-même les secours avant de tenté de se suicider. Elle a placé le couteau sur son torse, cherché la position du cœur, s'est mise à genoux sur le lit et s'est laissée tombée sur le couteau, qui s'est enfoncé profondément.

En décembre de la même année, elle avait été jugée aux assises de Nivelles et condamnée à la peine maximale pour ces infanticides. Son psychiatre, le docteur Diderik Veldekens, qui la suivait depuis 2004, avait témoigné devant la cour d'assises de Nivelles qu' « il n'avait pas contacté Geneviève Lhermitte après avoir vu sa lettre le 27 février 2007 parce qu'il avait un agenda chargé ». Dans cette lettre, Geneviève Lhermitte raconte qu'elle a des idées noires, des idées suicidaires qui vont entraîner ses enfants avec elle. « Ce n’est pas un jeu », annonce-telle. « J’ai été voir dans un magasin s’il y avait des couteaux tranchants. Faites Quelque chose ! ».

Les conseils du psychiatre ont rappelé que leur client avait déjà reçu en urgence la condamnée le 13 février 2007 après une première lettre alarmante dans laquelle elle faisait état de ses peurs de l'avenir et dans laquelle elle parlait de couteaux. Ils ont également rappelé que la plaignante était en dépression depuis 1993. Le conseil de Geneviève Lhermitte, Me Xavier Magnée, a soutenu que le médecin avait laissé sa cliente "dans le pétrin", en proie à une "souffrance mentale horrible".

La défense du psychiatre, Me Marc Snoeck et Me Doris de Thibault, a plaidé qu'il fallait prouver que leur client avait bien commis une faute et qu'elle présentait une relation causale avec le massacre qui avait suivi. Par ailleurs, les deux avocats s'en sont référés aux arrêts de la cour d'assises et de la cour de cassation. L'arrêt de la cour d'assises de Nivelles mentionnait que « ni les circonstances familiales, ni la volonté de suicide et ni une aide non adéquate ne pouvaient excuser l'acte posé par Geneviève Lhermitte ». La cour de cassation avait aussi rejeté le pourvoi de la demanderesse stipulant que « celle-ci rejetait sans cesse sa responsabilité sur son entourage ».

Le tribunal a mis l'affaire en délibéré et rendra sa décision dans le mois. Quand on voit le sourire narquois qu’elle arborait lors de son procès à Nivelles, cela fait froid dans le dos.

Médicalement, les psychiatres et les psychologues qui ont examinée Geneviève Lhermitte pensent qu’au moment où elle donne la mort à ses enfants, « elle entend briser l’ensemble monolithique qu’elle a toujours formé avec eux ». En les tuant, eux, elle tue aussi la mère qu’elle a été. Elle supprime la fonction qui l’a accaparée au-delà de tout. Qu’elle a sacralisée. Geneviève Lhermitte a toujours voulu être une mère idéale. Elle a toujours voulu le meilleur pour ses enfants. Et, ce jour-là, dans son absolue détresse, il lui apparaît que le meilleur pour eux n’est plus la vie : c’est la mort. (AD)

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