Les coupes budgétaires lancées l'an dernier par le gouvernement britannique de David Cameron ont un effet désastreux sur le nombre d'adolescentes enceintes. C'est ce qui ressort d'une enquête menée par nos confrères du Guardian. Alors que sous le gouvernement travailliste, les chiffres étaient en baisse, ils repartent à la hausse de manière vertigineuse.
La pudique Grande-Bretagne n'est pas seulement le pays de la Reine et des chapeaux melon qui envahissent chaque jour la City, le quartier ultra-moderne des affaires.
C'est aussi, malheureusement, l'un des pays d'Europe où le nombre d'adolescentes enceintes et forcées d'élever seules leur enfant est le plus élevé.
Le gouvernement travailliste de Gordon Brown avait lancé des actions pour combattre ce fléau et y était parvenu dans une certaine mesure, même si la baisse selon les travailleurs du secteur était loin des 50 % annoncés par les autorités sanitaires.
Mais les coupes budgétaires entamées l'an dernier par le nouveau gouvernement libéral de David Cameron faisaient craindre le pire. Et le pire est arrivé. Les programmes de lutte contre la grossesse précoce des adolescentes ont trop souvent été annulés fautes de crédits.
Les travailleurs sociaux craignent le pire
Et une enquête de nos confrères du journal The Guardian montre que les pires craintes des travailleurs sociaux étaient fondées. Plus d'un tiers des programmes locaux - y compris ceux de contraception - ont été abandonnés faute de crédits suffisants : 56 sur 150. Or, ces programmes menés par des services de proximité sont essentiels pour toucher des adolescentes désemparées et mal informées.
C'est ainsi que des zones comme Walsall, Tameside ou Waltham Forest, dans l'est de Londres, qui étaient pourtant les banlieues les plus affectées par ce phénomène, se retrouvent à présent sans programme d'aide.
Gill Frances, présidente d'un réseau à présent disparu, le Teenage Pregnancy Independent Advisory Group, chargé d'évaluer le programme d'aide étalé sur dix ans, parle d'un manque de transition "indifférent et irresponsable". "La grossesse des adolescentes n'a pas disparu", continue-t-elle, "elle est là et bien là ! Et elle va bientôt repartir à la hausse. C'est vraiment décevant !"
De nombreux travailleurs sociaux craignent que les autorités locales ne perçoivent plus la lutte contre la grossesse adolescente comme une priorité. "Ils considèrent que la baisse existe et donc que le job a été fait" déclare l'un d'eux sous anonymat.
Mais tous les travailleurs du secteur savent combien le manque d'information et de contraception disponible mettra en péril le travail fait jusqu'ici. (MB).
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