L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) est inquiète. Des scientifiques et le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) se penchent depuis ce mardi, sur le lien qui pourrait exister entre le cancer et les radiations émises par les téléphones cellulaires et autres appareils portables.
Cette rencontre a pour objectif de passer en revue les études scientifiques déjà réalisées sur l'impact sur la santé des radiations électromagnétiques, pour tenter de déterminer si elles peuvent être considérées cancérogènes.
Depuis 1970, le CIRC a publié plus d'une centaine d'études sur le lien entre le cancer et les rayons X, l'amiante et le virus du papillome humain, pour ne nommer que ces sujets. Pour les scientifiques internationaux, des conclusions scientifiques ne seront possibles que lorsque tous les résultats globaux et tous les résultats par pays seront publiés intégralement et que toute influence des industriels sera écartée.
Les attentes sont importantes, les passions à vif et les intérêts économiques énormes.
Un expert exclu pour conflit d'intérêt
Un des experts, Anders Ahlbom, de l'Institut Karolinska de Suède, a été exclu du groupe de travail, étant au conseil d'administration d'une société de conseil travaillant auprès d'entreprises de télécommunications. Le Pr Ahlbom a refusé de venir à titre de simple "spécialiste invité", qui peut intervenir dans les discussions mais ne peut participer aux évaluations.
Les associations « Priartem » et « Agir pour l'environnemen »t ont applaudi à cette décision, montrant une volonté de l'OMS de "mettre en oeuvre des procédures d'expertise plus vertueuses et du même coup moins contestables".
Un autre expert, René de Sèze, de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris), a admis avoir reçu des subventions importantes (plus de 100.000 euros, jusqu'en 2009) de la Fondation santé et radiofréquences, dont la moitié du budget provient de l'industrie du secteur. Mais il a été maintenu au groupe d'experts.
« Priartem » et « Agir pour l'environnement » se sont aussi félicitées de la présence parmi les experts de l'oncologue suédois Lennart Hardell, qui a souvent mis en évidence les risques du portable, notamment pour les jeunes.
La rencontre qui se tient à Lyon, en France devrait aboutir à un verdict des chercheurs attendu le 31 mai.(ST)
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