"La guerre planétaire contre la drogue est un échec." C'est la Commission mondiale des politiques de lutte contre les drogues qui le dit. Quarante ans après l'annonce de la guerre par Richard Nixon et quelques milliards de dollars plus tard, où en est-on ?
"La guerre planétaire contre la drogue est un échec." Rarement, les institutions internationales admettent leurs échecs avec une telle clarté dans leurs rapports officiels.
La Commission mondiale des politiques de lutte contre les drogues tire ici, dans son dernier rapport datant de juin dernier, l'amère leçon de quarante ans de politique répressive et de déclarations fracassantes.
Quarante ans que les autorités américaines, mexicaines, colombiennes et autres arment jusqu'aux dents des armées aussi impressionnantes qu'impuissantes devant le phénomène du narcotrafic. Pour la plus grande fortune de divers groupes criminels depuis le modeste planteur de pavot afghan jusqu'au boss napolitain en passant par les Hells Angels ou les barons des cartels colombiens...
Des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent contre ce gaspillage de temps et de ressources - et non des moindres : des politiques, bien sûr, mais aussi des milliardaires comme Richard Branson ou George Soros, des écrivains comme Mario Vargas-Llosa et Carlos Fuentes, des hauts commissaires aux droits de l'homme comme Louise Arbour, etc.
Des alternatives possibles dans un contexte global
Une marche pour la paix au Mexique, organisée par l'écrivain-journaliste Javier Sicilia, dont le fils a été assassiné par les barons de la drogue, rappelait déjà qu'il existe d'autres solutions que la répression bête et méchante : l'éducation et une meilleure distribution des richesses, une police de proximité, une meilleure santé publique, une répression plus ciblée sur le crime organisé et non pas sur le consommateur ou le petit dealer, une meilleure coordination des agences ONU qui s'occupent des drogues, etc.
Des pays comme les Etats-Unis commencent à parler de légalisation des drogues douces... Ce qui change surtout, c'est la prise de conscience planétaire que l'enjeu dépasse la simple répression et engage les citoyens et les politiques du monde entier.
Et qu'un problème mondial ne peut être résolu que de manière globale. Car les trafiquants de drogues, eux, ont réussi leur mondialisation depuis longtemps. (MB).
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