Hier, à la porte de l'église Sainte-Anne, le pape François a rompu avec le protocole séculaire du Saint-Siège. Il est sorti sur le perron pour s’offrir un bain de foule non programmé qui a donné des sueurs froides à ses gardes du corps. Le souverain pontife prend également le bus et paie ses notes d''hôtel, ce qui déboussole ses services de sécurité.
Jeudi matin, après un passage à la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome, un lieu important pour les jésuites, l'ordre religieux dont il est issu, le pape François a fait un crochet à la résidence romaine, près de la place Navone, où il dormait avant d'entrer en conclave. En récupérant ses bagages, il a réglé sa note, à la surprise générale… expliquant que c'est au pape de donner l'exemple.
Un bain de foule non programmé
Ce dimanche, alors que les fidèles regardent sur les écrans géants la messe intime célébrée par le souverain pontife dans la petite église Sainte-Anne, au coeur du Vatican, avant de voir le pape apparaître à la fenêtre de ses appartements, une exclamation de surprise s’éleve dans la foule des pèlerins lorsqu'ils voient le pape François, sortir sur le perron de l'église, tel un humble prêtre de paroisse, pour saluer un à un les fidèles. Geste inédit, le pape franchit également le pas des lourdes portes de bronze de la principale entrée du Vatican pour un bain de foule totalement inédit, à la grande joie des centaines de fidèles qui l'appelaient et au grand dam de ses gardes du corps.
La sécurité en perd le nord
« Les services de sécurité du Vatican vont devoir s'adapter au style du pape », a clairement spécifié son porte-parole, le père Federico Lombardi. Partagés entre surprise et grincements de dents, certains proches du Vatican s'interrogent. « Il est très spontané, très accessible, mais il désacralise presque un peu trop la fonction. Le pape c'est quand même le pape ! », critique une jeune journaliste de Radio Vatican. Mais le pape entend bien pourtant imprimer son nouveau style.
Des mots simples et des anecdotes
Pour son premier angélus, le pape a cependant réussi son test de popularité. Près de 300 000 personnes, Romains, Italiens et pèlerins du monde entier sont venus l'accueillir. « Je crois qu'il va réussir à raviver la foi de beaucoup d'entre nous, une foi qui avait tendance à disparaître », commente Maria, une fidèle mexicaine. Avec des mots simples, des anecdotes qu'il raconte sans lire ses notes, le pape François a appelé chacun à faire preuve de plus de miséricorde. « Un peu de miséricorde rend le monde moins froid et plus juste », affirme-t-il, précisant que « Dieu ne se lasse jamais de pardonner ». Rompant avec le style docte et discipliné de son prédécesseur, François a enfin souhaité un « bon dimanche et bon appétit » à tous, imposant en moins d'une semaine un ton radicalement nouveau dans l'Église romaine.
Un pape peut-il avoir de l'humour ? Payer ses nuits d'hôtels ? Prendre le bus plutôt qu'utiliser les cortèges officiels ? Oui. Les premières heures du pontificat du pape François – « pas François Ier, juste François », a souligné jeudi midi le père Lombardi, porte-parole du Vatican – en sont une preuve. (AD et AFP)
Place comments
0 Comments
You are currently seeing only the comments you are notified about, if you want to see all comments from this post, click the button below.
Show all comments