Les mafias et autres organisations criminelles utilisent Internet pour le recrutement, la communication avec les clients ou avec les partenaires. Le web constitue aussi une source d'information, un gigantesque marché et une vaste panoplie de services financiers. Enquête au coeur du crime post-moderne.
Europol, le service de police européen basé à La Haye, vient de publier son rapport bi-annuel, l'OCTA 2011. Son directeur, Bob Wainwright affirme "Internet est devenu le principal facilitateur du crime organisé."
Alors que dans l'esprit du grand public, Internet est lié à la cybercriminalité - piratage, vol de données bancaires, arnaques diverses, pédopornographie - en réalité, le web facilite aussi des opérations plus "traditionnelles".
Les mafias utilisent Facebook pour recruter tandis que les dealers l'emploient pour communiquer avec leurs clients. Skype est le moyen de téléphonie le plus utilisé par les groupes criminels, y compris par les mafias albanaises, pourtant traditionnellement basées sur le contact proche et la communication orale. Ce qui oblige les services de police à mettre en place de nouveaux outils d'écoute et de surveillance.
Ces nouveaux moyens de communication facilitent tous les types de trafic : drogues, armes, déchets toxiques ou êtres humains que ce soit dans le cadre de l'immigration illégale ou l'exploitation sexuelle.
Les outils financiers présents sur le Net facilitent également le transfert vers des comptes off-shore à la vitesse de la lumière, sans aucune barrière. Les casinos en ligne permettent non seulement le blanchiment d'argent en provenance de trafics ou de hold-up, mais aussi de générer de nouveaux revenus, plus ou moins licites.
L'économie digitale elle-même génère de nouveaux produits : les données volées - comme récemment les comptes bancaires sur SOE, le jeu en ligne de Sony - sont revendues à des spécialistes de l'extorsion ou de l'arnaque (phishing).
Les mafias recrutent désormais un nouveau profil, bien éloigné de celui du "casseur" violent et illettré. Elles sont à l'affut de jeunes universitaires spécialisés en nouvelles technologies, qui peuvent pirater des sites web, casser les codes d'accès aux serveurs de banques ou de grosses entreprises, qui peuvent "pomper" les contenus d'un ordinateur ou mener une attaque contre les ordinateurs d'une organisation rivale.
On vous l'avait dit : c'est une criminalité post-moderne qui s'installe et crée de nouveaux défis pour les services de police par-delà les frontières des pays, voire des continents. (MB).
Source : OCTA 2011, rapport d'Europol.
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