Le "Dr Suicide", Jack Kevorkian, s'est éteint à l'âge de 83 ans dans un hôpital de la région de Detroit. Cet ancien médecin, fervent défenseur du droit au suicide assisté, avait lancé un vif débat sur l'euthanasie aux Etats-Unis, en aidant à mourir des dizaines de malades avant d'être condamné pour meurtre.
Le pathologiste américain est mort à l'hôpital Beaumont, dans la ville de Royal Oak (Michiggan) où il était hospitalisé depuis près de deux semaines pour des problèmes au coeur et au rein, a précisé son ami et avocat, Mayer Morganroth.
Surnommé aussi "Dr Death", le "docteur de la mort", ce médecin à la retraite disait avoir aidé quelque 130 personnes à mettre fin à leurs jours entre 1990 et 1999. Jack Kevorkian était sorti de prison en 2007 après avoir passé huit ans derrière les barreaux, à la suite d'une condamnation à une peine de dix à 25 ans pour meurtre. Pour permettre sa libération, ses avocats avaient argué qu'il souffrait d'hépatite C, de diabète et d'autres affections et il s'était engagé à ne pas participé à des suicides assistés s'il était remis en liberté.
Sa vie avait fait l'objet d'un téléfilm produit par la chaîne HBO en 2010, "You don't know Jack" dans lequel Al Pacino incarnait l'ancien médecin.
Kevorkian défendait toujours le droit au suicide assisté. "C'est une pratique médicale et éthique légitime comme c'était le cas dans la Rome et la Grèce antiques", avait-il confié récemment à l'Associated Press.
Le médecin avait été surnommé "Dr Death" pour la fascination qu’il avait pour la mort. Il s'était fait connaître en 1990 quand il avait utilisé pour la première fois sa "machine à suicide" (illustrée ci-dessous) pour injecter des substances létales à un malade souffrant d'Alzheimer qui lui avait demandé son aide.
Onze ans plus tard, il avait été condamné pour la mort d'un malade en 1998, un suicide assisté filmé dont l'enregistrement avait été diffusé à la télévision américaine, une provocation médiatique de Jack Kevorkian qui avait mis au défi les magistrats de l'inculper. Pendant près de dix ans, Jack Kevorkian avait échappé aux efforts de la justice pour l'arrêter. Ses quatre premiers procès, tous pour des chefs de suicide assisté, s'étaient terminés par trois acquittements et une annulation de la procédure.
Après sa condamnation, Kevorkian s'était également vu interdire l'exercice de la médecine. (AD)
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