600 millions. C'est le nombre de jeunes femmes qui vivent dans des pays pauvres ou à revenus
modérés. Et pourtant, ces jeunes filles de 10 à 24 ans restent les
laissées-pour-compte des politiques de développement.
Un paradoxe effrayant
qu'un petit groupe de parlementaires français a décidé de
souligner, à dix jours du G8 de Deauville les 26 et 27 mai prochain."Des dizaines de millions de ces jeunes filles sont confrontées à
la pauvreté, à la non-scolarisation, à la discrimination, à de
multiples formes de violence, d'abus et d'exploitation", s'indigne Danielle Bousquet, députée française.
ELLES SONT L'AVENIR DÉMOGRAPHIQUE
Ces jeunes femmes sont l'avenir de leurs pays. Mariées très jeunes (avant 15 ans pour une fille sur sept dans les
pays en développement), elles
auront – si elles n'en meurent pas – un grand nombre d'enfants.
Au delà de la question d'égalité, il faut au plus vite éduquer à contrôler leur fécondité puisqu'il s'agit de l'avenir
démographique de la planète. Rares sont les aides et les fonds publics spécifiques. Des jeunes filles "invisibles", donc, qui affrontent
notamment de plein fouet, faute d'une prévention adaptée, l'épidémie de
sida en Afrique sub-saharienne, où les adolescentes ont huit fois plus
de risques de contracter le virus que les garçons du même âge.
"En général, les politiques d'aide à la jeunesse ne dirigent pas
leurs ressources vers les sous-catégories d'adolescents vulnérables et
difficiles d'accès. De ce fait, elles bénéficient surtout aux
populations urbaines, plus âgées, masculines, non mariées et
scolarisées. Tandis que les adolescents qui vivent en milieu rural, en
majorité des filles plus jeunes, non scolarisées et mariées, restent
négligées", précise l'association Population Council, qui a publié à
destination des décideurs des guides de données extrêmement détaillés,
pour une cinquantaine de pays, sur la situation de ces jeunes filles.
Pourtant, quelques mesures simples et efficaces pourraient être mises
en place pour venir en aide à ces jeunes filles vulnérables et ignorées
du plus grand nombre : instaurer
dans les villages des lieux de réunion où les filles pourraient exister
en tant que telles, avec leurs paroles et leurs droits propres. Faire en
sorte qu'elles soient accompagnées sur le chemin de l'école, haut lieu
d'insécurité et de violences sexuelles. Et surtout promouvoir leur
éducation, puisqu'elles représentent 70% des 130 millions de jeunes qui
ne vont pas à l'école dans le monde.
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