Quick avait demandé à la justice française d'empêcher la diffusion jeudi soir d'un reportage intitulé "Restauration rapide : alerte en cuisine". La marque de fast-food voulait faire modifier le titre et visionner le reportage afin d'en supprimer d'éventuels passages. Le tribunal de grande instance de Paris a donné raison aux journalistes.
Les avocats de l'enseigne de fastfood Quick et du Snarr - Syndicat national de l'alimentation et de la restauration rapide - avait saisi le tribunal de grande instance de Paris en référé, c'est-à-dire en procédure d'urgence.
Ils voulaient faire modifier le titre d'un reportage de l'Emission Envoyé spécial et le visionner avant sa diffusion, ce jeudi soir, afin d'en censurer éventuellement quelques parties. Le document s'intitule "Restauration rapide : alerte en cuisine" et évoque notamment le décès d'une personne après avoir consommé de la nourriture avariée dans un Quick français.
Le juge a refusé d'accéder à leur demande en soulignant le fait que s'il acceptait, il mettrait en danger la liberté d'expression des journalistes. Qu'en France, il n'est pas d'usage de "censurer avant" la diffusion d'un reportage. Que si une partie se sent lésée par un extrait d'émission ou par un titre, elle doit déposer plainte "après sa diffusion".
Soulignons qu'en Belgique, par contre, la RTBF a dû renoncer plusieurs fois à diffuser certains reportages suite à des actions de ce type. Un arrêt de la cour européenne des droits de l'homme a mis fin à cette pratique en donnant raison à la RTBF : un tribunal avait en effet empêché la diffusion d'un documentaire de l'émission Au Nom de la Loi sur les erreurs médicales. Il a fallu dix ans pour que ce litige soit tranché. Mais la décision de la cour européenne rend quasiment impossible toute censure de ce type en Belgique. (MB).
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