La bactérie Eceh qui sévit en Europe a été identifiée, ce jeudi, comme étant une souche "très rare" et résistante aux antibiotiques, et le bilan de l'épidémie s'est alourdi à 18 morts, presque tous en Allemagne.
Pendant que les recherches se poursuivaient avec intensité pour déterminer l'origine de la contamination, l'OMS a indiqué que la souche n'avait "jamais été vue dans une épidémie auparavant".
Une équipe de chercheurs de Hambourg (nord) a, au terme d'un séquençage du génome réalisé avec une société chinoise, parlé d'une "nouvelle souche" particulièrement agressive et résistante à toute une batterie d'antibiotiques, "ce qui rend le traitement antibiotique extrêmement difficile", selon elle. La bactérie serait d'après les analyses réalisées par plusieurs équipes un hybride, renfermant des gènes de deux bactéries E. Coli différentes.
Selon L’express.fr, dans les hôpitaux allemands, qui faisaient face à environ 2.000 cas jeudi, les difficultés persistent à trouver un traitement adéquat. L'Allemagne a annoncé un nouveau décès, une femme de 81 ans qui a succombé dans un hôpital de Hambourg. Le bilan passe ainsi à 17 morts dans le pays, et 18 au total avec celui annoncé en Suède mardi.
Après les Pays-Bas et d'autres Etats, la Grande-Bretagne a à son tour signalé des cas de contamination. Sept cas de contamination par la bactérie, ayant tous un lien avec l'Allemagne, ont été répertoriés au Royaume-Uni. Trois des personnes contaminées sont des Britanniques ayant séjourné récemment en Allemagne, les quatre autres sont des ressortissants allemands actuellement au Royaume-Uni, a précisé l'AFPdans un communiqué.
Aux Etats-Unis, trois personnes de retour d'un voyage en Allemagne pourraient avoir été contaminées, selon un porte-parole des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC).
La consommation de légumes était toujours en berne en Europe, mais, depuis que les concombres espagnols ont été innocentés mardi soir – Madrid demandant d’ailleurs réparation à l’Europe - le vecteur de transmission reste inconnu.
La Commission européenne a levé mercredi la mise en garde qui pesait sur les légumes espagnols, notamment le concombre, désigné coupable la semaine dernière par les autorités sanitaires de Hambourg. Mais les dommages sont considérables pour l'agriculture espagnole, qui a vu ses exportations s'effondrer, poussant le Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero à monter au créneau pour réclamer des "dédommagements des préjudices provoqués" auprès de l'Union européenne.
Les Pays-Bas, l'Allemagne et le Portugal veulent aussi des aides à leur agriculture. Le président de la fédération allemande des agriculteurs, Gerd Sonnleitner, a parlé d'un manque à gagner hebdomadaire de 30 millions d'euros en Allemagne.
L'embargo décrété jeudi par la Russie sur les légumes en provenance de tous les pays de l'Union européenne n'arrange pas les choses. La Commission européenne juge "disproportionnée" cette réaction, appelant la Russie, qui importe pour environ 600 millions d'euros de légumes européens par an, à revenir sur sa décision.
Le temps presse donc pour trouver le vecteur de la contamination. Seule certitude : les crudités, consommées en grande quantité en cette saison, les fruits, mais aussi la viande sont dans la ligne de mire des scientifiques. Les recherches se poursuivent avec de nouveaux outils.
Il est conseillé de rester vigilant. La maladie se manifeste par des hémorragies du système digestif, et dans les cas les plus graves, par des troubles rénaux (syndrome hémolytique et urémique, SHU). (AD)
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