Alors qu'on célébrait le 12 mars dernier la journée internationale contre la cyber-censure, la France examine un nouveau projet de loi visant à filter Internet afin de "protéger le consommateur". Un argument qui est loin de convaincre tout le monde : même l'extrême-droite se pose en défenseur de la liberté d'expression.
Alors que Reporters sans Frontières appelait à une journée mondiale contre la cyber-censure le 12 mars dernier, la France se lance dans un nouveau grand chantier de filtrage du Net : cette fois, au nom de la protection des consommateurs.
C'est d'autant plus étonnant qu'en avril dernier, une "commission transpartisane" - comprenez qui rassemblait des parlementaires de tous horizons politiques - mettait en cause les mesures de filtrage et soulignait les effets pervers de tout censure d'Internet : risques d'erreurs, de trangression de la protection de la vie privée, coût astronomique de la mise en oeuvre pour des résultats dérisoires, etc.
Cette fois, c'est le secrétaire d'Etat Frédéric Lefebvre - l'ancien porte-parole du gouvernement, celui qui croyait que Zadig et Voltaire étaient deux écrivains français écrivant ensemble - qui présente un nouveau projet permettant à un juge de demander la censure d'un site internet qui contreviendrait aux lois sur la consommation.
Si a priori on ne peut y trouver que du positif - quoi de plus noble que de vouloir protéger le consommateur , - on peut se demander, en deuxième lecture : qu'y a-t-il de plus flou que l'expression "protéger le consommateur" ? Le protéger de quoi ? De qui ? Des adversaires politiques ?
L'extrême-droite ne s'y est pas trompée : le site Synthèse Nationale, publié par des identitaires français, condamne ce projet au nom de la liberté d'expression ! On aura tout vu... (MB).
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