L’abattage halal est aujourd’hui au centre de toutes les polémiques : souffrance animal, enrichissement du culte musulman et conditions d’abattage. Le débat fait grand bruit.
Pour qu’une viande soit « halal », il faut que l’animal soit égorgé vivant sans être préalablement étourdi. Évalué à 632 milliards de dollars par an à l'échelle mondiale, le marché des aliments halal -c'est-à-dire autorisés par le Coran- est alléchant et de plus en plus de producteurs font approuver leurs recettes par des associations musulmanes pour pouvoir accéder à ce marché, révèle l’Agence Canadienne d’inspection des aliments. En outre, pour chaque produit acheté, une partie de l’impôt est reversé au culte musulman, ce qui vient engraisser ses caisses de façon « éthique ».
Outre la question de la souffrance animale dénoncée par de nombreuses associations, ce qui pose également problème aujourd’hui c’est les conditions sanitaires d’abattage dans lesquelles l’halal est pratiqué. En effet, nombreux sont ceux, dans la grande distribution notamment, qui, voyant une manne financière importante, vantent les mérites d’une viande halal présentée comme une viande “meilleure pour la santé”, “plus saine”, une viande idéale en somme, sans respecter les conditions d’hygiènes imposées dans la chaîne alimentaire.
Pas plus tard que ce 17 juin, la Fondation Brigitte Bardot dénonce dans un communiqué, une situation accentuée par la généralisation d’un égorgement rituel des bêtes pour des raisons d’opportunismes financiers faisant fi tant de la souffrance animal que des risques sanitaires. Et de citer en exemple : «l’impossibilité matérielle de ligaturer l’œsophage des animaux entraîne un épanchement de matières stercoraires en provenance de l’estomac, des germes d’origine digestive, qui s’écoulent à travers la section béante de l’œsophage ».
La Fondation d’ailleurs a remis, fin 2010, aux ministres français de l’Agriculture et de l’Intérieur, ainsi qu’au Chef de l’Etat, un dossier intitulé « De la souffrance des animaux à la tromperie des consommateurs » dans lequel l’alerte est donnée : « certains germes d’origine digestive pouvant être très pathogènes pour l’homme risquent ainsi d’être retrouvés dans des pièces de découpe (collier notamment) ou dans des steaks hachés préparés avec celles-ci. Avec l’abattage rituel, il y a donc un danger potentiel pour la santé humaine, tout particulièrement pour les enfants, les personnes âgées et les populations immunodéprimées».
L’abattage halal pose un véritable problème de salubrité publique. Les associations de défense des animaux et de protection des consommateurs demandent de rendre publiques les méthodes d’abattage et d’assurer une traçabilité pour le consommateur via un étiquetage halal européen.
Une règlementation indispensable pour endiguer le développement des filières d’abattage clandestines. (AD)
La viande Halal : entre religion, opportunisme financier et cruauté
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