L'ancien ministre de l'éducation nationale qui a récemment dénoncé un collègue comme pédophile fait à présent l'objet d'interrogations : a-t-il oui ou non bénéficié d'un salaire de professeur tout en ne donnant pas un seul cours pendant un an ? Retour de manivelle.
Luc Ferry aurait peut-être dû éviter de déclencher la tourmente médiatique. On sait parfois où elle commence : on sait rarement où elle s'arrêtera. Et l'ancien ministre de l'éducation nationale pourrait bien le découvrir d'une manière désagréable...
Il y a quelques jours, il faisait la une de la presse francophone en dénonçant, tout en taisant son nom, un ministre français d'avoir participé à des orgies pédophiles au Maroc.
Aujourd'hui, son nom revient dans la presse. Mais cette fois, c'est lui qui se trouve dans la ligne de mire. Celle de Yannick Favennec, député UMP de la Mayenne, qui se demande pourquoi le même Luc Ferry a perçu un salaire de 4500 euros bruts par mois de son université - Paris 7 - sans avoir donné une seule heure de cours. Puisque, dans le même temps, il travaillait pour les services du premier ministre.
Le philosophe et ancien ministre libéral se défend d'avoir touché quoi que ce soit d'illégal et surtout d'avoir bénéficié d'un de ces emplois fictifs qui ont fleuri un peu partout sous la présidence de Jacques Chirac.
Il affirme qu'il est normal qu'une université perçoive une compensation de l'état pendant qu'un de ses professeurs exerce un mandat ailleurs.
Luc Ferry affirme qu'il n'a pas perçu un cent de Matignon alors qu'il travaillait pour le premier ministre.
Yannick Favennec, pour sa part, affirme : "Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai du mal à imaginer que Monsieur Ferry fasse du bénévolat".
Il est vrai qu'on aperçoit plus souvent Luc Ferry aux côtés des puissants que dans les cantines des restos du Coeur (voir photos : Luc Ferry avec Jean-Pierre Raffarin, avec François Copé, avec Luc Chatel...). Mais laissons la justice faire son travail et démêler le vrai du faux dans cette affaire franco-française.
Avec toutefois un bon conseil pour une prochaine fois : quand on veut casser quelqu'un dans les médias, il vaut mieux être irréprochable. (MB).
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