Situé au coeur de la zone de l'Union en plein travaux, entre Roubaix et Tourcoing, en France, un petit troquet, le café Chez Salah, fait le buzz. Son patron, Salah Oudjan, 71 ans, qui a ouvert ce lieu il y a plus de 45 ans, refuse de le vendre aux promoteurs immobiliers.
Ce petit café fait un buzz énorme depuis une semaine. Journal de 13h de TF1, télévision, radio, des milliers de partages sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter, le café de Salah est devenu le symbole de la lutte contre promoteurs et argent facile. Dix ans que Salah se battait, seul contre l'Etablissement public foncier pour sauver son café de la démolition. Aujourd’hui, les buzzeurs ont pris le relais et les messages de soutient se multiplient : « Ne cède pas Salah », « Magnifique résistance », « Respect ! » …
En relayant, le 30 septembre dernier, le combat de Salah sur sa page Facebook, l'internaute Mohamed Rouabhi a suscité une vague de quelque 500 commentaires de soutien pour Salah et près de 4 000 « j'aime » postés de France, de Martinique, de Guadeloupe et même de Californie.
Le meilleur café, c’est chez nous !
« Je suis content que les jeunes me soutiennent. L'argent c'est vite parti, alors qu'ici c'est toute ma vie", nous raconte Salah Oudjan, 71 ans, en pointant du doigt un vieil écriteau : "Pourquoi aller ailleurs quand chez nous c’est meilleur ? ». Si les routes sont encore en travaux et si le téléphone est parfois coupé, ce bar désormais culte accueille dorénavant de nouveaux clients grâce à l'immense buzz.
De quoi aider Salah à tenir jusqu'à la fin des travaux : « Il y en a encore pour quelques mois, explique-t-il. Cela fait 45 ans que je vis et que je travaille ici, je peux bien patienter encore un peu ! ». C'était une époque où l'ancienne brasserie Terken du coin était florissante. Celle où les livreurs de l'usine venaient boire des pressions. Où le jukebox de 1971, aujourd'hui encore en parfait état de marche, diffusait du Sacha Distel ou du Michèle Torr.
Rien n’est à vendre ici
Autre conséquence de la médiatisation de Salah : il reçoit même des appels de collectionneurs, prêts à racheter des « bouts » de son café, où l'on trouve effectivement de vraies pièces de musée, comme cette pompe à bière « vintage », repérée derrière le comptoir. Mais « rien n'est à vendre ici ! », assure Salah, gardant tout aussi jalousement son vieux juke-box et autres reliques d’une époque nostalgique.
Veuf depuis 1982, le souhait de Salah est de continuer à gentiment travailler tout en habitant à l'étage de son établissement, qui n'a guère changé depuis 45 ans. Comme un clin d'oeil à la modernité, la seule concession que l’homme entend faire est quand même de rénover sa façade. Histoire que ce café, perdu entre deux âges, fasse perdurer les fantômes d’une certaine glorieuse époque. (AD)
Plus d’infos sur le Café chez Salah sur : http://fr-fr.facebook.com/pages/caf%C3%A9-Chez-Salah/178116092250738?sk=info#!/pages/caf%C3%A9-Chez-Salah/178116092250738?sk=wall
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