En France, c’est le quatrième suicide ce mois au sein de l’ONF, l’Office National des Forêts. Sur 24 suicidés depuis 2005, 18 étaient gardes forestiers. En cause, la solitude et les difficultés liées à la crise et aux suppressions de postes.
Les conditions de travail, toujours plus difficiles et exigeantes, la pression due à la suppression d’effectifs toujours plus importantes conduisent bien des salariés à commettre un geste irréparable et définitif. On ne compte plus le stress et les dépressions engendrés par le travail.
Chaque jour, une personne se suicide en France à cause de son travail. En un an et demi, vingt-cinq se sont données la mort chez France Télécom. D’autres encore chez Renault, Peugeot, EDF, et dernièrement, Thalès ou encore H&M. Que traduisent ces chiffres accablants ? Un profond malaise professionnel engendré par l’organisation actuelle du travail.
Des cas extrêmes de souffrance au travail ? Loin de là, malheureusement. Selon une étude du Conseil Economique et Social en France, près de 400 suicides par an seraient liés au travail. Sans compter tous ceux qui ne sont pas déclarés comme tels.
En quelques années, l’obligation de travail s’est transformée en obligation de résultat. Tout est fait pour casser les collectifs de travail et les liens de solidarité. Or, le travail est collectif, et non individuel. Les drames sont l’expression de cet isolement des salariés.
Chez nous, le suicide d’un technicien de la RTBF a conduit à une pétition dénonçant « le malaise de plus en plus grand » au sein de la chaîne publique.
Solitude et stress sont les reflets de toute une organisation de société dont nous sommes tous acteurs. Et si on changeait de rôle ? (IH)
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