Une double gaffe a permis de publier des cables diplomatiques avec un mot de passe et le nom des activistes. Ceux-ci pourraient être mis en danger de mort. Julian Assange et le journal britannique The Guardian se rejettent la faute.
Julian Assange a-t-il le don de se mettre tout le monde à dos ? Il semblerait bien que oui. La dernière brouille en date l'oppose à un journaliste pourtant expérimenté du très britannique et très travailliste journal The Guardian. Et pas à un des moindres. David Leigh est en effet le rédacteur en chef du département "investigations" du journal travailliste de référence en Grande Bretagne. S'il est à ce poste aujourd'hui, c'est parce qu'il est un des meilleurs journalistes d'investigation de ces dernières années...
WikiLeaks - et donc Julian Assange - accuse David Leigh d'avoir divulgué dans un livre les mots de passe pour accéder à certaines archives. Celles-ci sont en fait des cables diplomatiques sensibles comprenant des noms d'activistes dont la vie pourrait être mise en danger. Le gouvernement américain avait d'ailleurs mis Assange en garde contre le danger potentiels pour la vie de militants et de journalistes que représentent ces documents secrets. Et ces 251.000 cables ont été accidentellement publiés par un utilisateur de Twitter...
Assange accuse à présent David Leigh et Luke Harding d'avoir diffusé le mot de passe pour accéder à ses documents dans leur livre "Inside Julian Assange's war of secrecy", publié au début de cette année.
Leigh et Harding se défendent : "c'est un pur non-sens d'affirmer que le livre du Guardian sur WikiLeaks ait pu mettre qui que se soit en danger. Notre livre sur WikiLeaks a été publié en février dernier. Il contenait un simple mot de passe sans préciser où se trouvaient les documents. Et on nous a dit que c'était un mot de passe temporaire, qui expirerait et serait effacés quelques heures plus tard. Quand le livre a été publié, personne ne s'en est inquiété. Et si WikiLeaks pensait que cela pouvait constituer un problème de sécurité, ils ont eu 7 mois pour effacer les fichiers. Qu'ils ne l'aient pas fait montre clairement que ce n'est pas le livre du Guardian qui pose problème."
WikiLeaks a-t-il de nouveau perdu un allié de poids dans cette querelle ? Assange sait pourtant qu'il ne peut survivre sans relais. Surtout qu'il doit être fixé ce mois-ci sur son extradition possible vers la Suède pour une affaire de viol. Il aurait bien besoin d'alliés sûrs et influents, en ce moment. Comme le journal de référence de la gauche anglaise, par exemple... (MB).
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