C'est ce qui ressort d'une étude européenne : les Wallons accordent plus d'importance au travail que les Flamands. Ceux-ci privilégient la famille et les loisirs. La fin d'un cliché ?
Bart De Wever et Vic Van Aelst, les ténors de la N-VA et Luc De Bruyckere, patron des patrons flamands ont beau tonner contre les Wallons assistés. Ils ont beau brandir l'étendard d'une Flandre travailleuse contre une Wallonie profiteuse du chômage et de transferts sociaux...
Une étude européenne vient de gommer ces clichés en quelques pages : la partie belge en a été confiée aux professeurs Hans De Witte et sa collègue Anja Van Den Broeck de la Katholieke Universiteit Leuven (KUL). On peut difficilement accuser ces professeurs en psychologie du travail d'une université flamande de parti pris pro-wallon.
Et leur étude est claire : si 95 % des Wallons considèrent que l'emploi occupe une place centrale dans leur vie, ils ne sont que 85 % en Flandre et 93 % à Bruxelles à le penser.
La majorité des Flamands, en effet, privilégie la vie de famille et les loisirs. Pour eux, le travail est surtout le garant d'une certaine sécurité financière.
Les Wallons ressentent l'obligation de travailler comme un devoir moral et considèrent "honteux" le fait de devoir vivre aux dépens d'allocations sociales.
Le contenu du travail marque aussi une différence importante : les Wallons recherchent avant tout un travail intéressant, à travers lequel ils peuvent acquérir de nouvelles compétences et assumer des responsabilités. Tandis que les Flamands cherchent d'abord à minimiser les côtés les plus contraignants de l'emploi : ils veulent un job pas trop stressant, assorti d'un bon salaire, d'horaires confortables et de longues vacances...
Le professeur De Witte n'a pas d'éléments concrets pour expliquer ces différences. Mais il pense que le fait que la Flandre soit arrivée à un certain niveau de confort économique tandis que la Wallonie est toujours en train de se battre pour son redressement pourrait constituer une partie de l'explication.
Il rappelle aussi qu'une autre étude européenne, dix ans plus tôt, avait déjà montré ces tendances. Philosophe, il ajoute : "Mais les stéréotypes ont la vie dure. Ils restent en place malgré tout. Et ce sera encore le cas cette fois-ci." (MB).
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