La presse internationale s'est passionnée pour le procès de ces trois jeunes femmes qui ont entamé un chant anti Poutine dans une Eglise orthodoxe en Russie. poursuivies pour hooliganisme, elles viennent d'écoper de deux ans de travaux forcés. Le monde des médias, les politiques et les peoples s'insurgent et crient au scandale et au manque de liberté d'expression. Mais les Pussy sont-elles aussi angéliques qu'il n'y paraît?
Le 21 février 2012, 3 jeunes femmes encagoulées et déguisées envahissent la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou avec guitares et matériel sonores, et y entament une sorte de prière sous forme de chanson blasphématoire politiquement dirigée contre le candidat à l’élection présidentielle Vladimir Poutine mais également contre le patriarche orthodoxe accusé de "croire en Poutine plus qu’en dieu".
Les jeunes femmes sont rapidement interpellées, arrêtées et déférées devant un tribunal qui ordonne leur mise en détention préventive en attendant leur procès. La sentence vient de tombé: deux ans fermes. Le monde entier est sous le choc et pourtant les jeunes femmes n’en sont pas à leur premier coup d’essai.
Des activistes pures et dures
Si beaucoup de journalistes présentent les jeunes filles comme les victimes d’une Russie quasi-totalitaire, il faut néanmoins rappeler que les Pussy Riot ont plusieurs fois durant les derniers mois organisé des actions "coup de poing" portant atteinte à l’ordre public.
Pour rappel, le groupe anarchiste Pussy Riot s’est créé en 2011 quand il a semblé clair à ces jeunes femmes que la Russie manquait cruellement d’émancipation politique et sexuelle. L’une des trois jeunes femmes arrêtée, Nadezhda Tolokonnikova, est par ailleurs une militante active LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres). Les chansons du groupe traitent principalement des ravages de la routine dans la vie quotidienne, des conditions de travail difficiles pour les femmes et de la bonne façon de réprimer les hommes.
Parmi diverses actions subversives portant atteinte à l’ordre public, telles que simuler des pendaisons dans un supermarché, se masturber dans une épicerie avec une carcasse de poulet, uriner sur des flics, dessiner des pénis géants sur les autoroutes, se montrer nues en public couvertes de cafards, l’action choc la plus marquante des jeunes femmes est sans nul doute l’organisation d’une orgie sexuelle avec des femmes enceintes dans un musée de la capitale.
L’hooliganisme est passible de 7 ans de prison
Les Pussy Riot ont donc fait l’objet d’une arrestation face à une accusation de hooliganisme, punie de jusqu’à 7 ans de prison en Russie. Une peine qui existe également dans le code pénal allemand et le code pénal français. Ainsi l’article 322-3-1 du Code pénal français qui punit de sept ans de prison et 100.000 euros d’amende la dégradation d’un bien culturel exposé dans un lieu de culte.
La communauté internationale s’est donc enflammée pour une condamnation qui aurait pu tomber devant nos cours et tribunaux. En outre, rappelons tout de même que Vladimir Poutine est intervenu personnellement pour demander la clémence des juges, raison pour laquelle sans doute, les Pussy Riot ont pris deux ans et non sept comme le prévoit le Code pénal russe.
Comme quoi, toute pièce a toujours deux faces et le prisme par lequel l’information est délivrée par certains médias altère parfois notre capacité à juger objectivement des faits, afin que nous puissions en tirer notre appréciation et nos conclusions dès alors subjectives. Question: L’Occident serait-il trop complaisant avec les Pussy Riot ? (AD)
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