Vingt-cinq ans après la catastrophe de Tchernobyl, la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie comptent encore leurs morts mais aussi leurs handicapés et leurs malades. Au Kazakhstan, théâtre de 40 ans d’essais nucléaires russes, les victimes sont légion. Un photographe suisse est allé à leur rencontre.
On l’appelle «l’homme sans visage», mais sa figure est devenue emblématique. Il s’appelle Berik Sysdikow et a 32 ans. Sa face déformée est le témoin des ravages que peut causer le nucléaire. Alors qu’on se souvient aujourd’hui, vingt-cinq ans après ce funeste 26 avril 1986, de la catastrophe de Tchernobyl, ce jeune Kazakh rappelle tous les jours au monde un autre drame: celui des essais nucléaires russes.
Dans le Semipalatinsk, au nord-est du Kazakhstan, les Soviétiques ont durant quarante ans éffectué des tests de bombes nucléaires. Quelque 456 explosions atomiques, dont 125 en plein air, ont eu lieu dans cette région entre 1949 et 1989. Une parcelle de steppe de 18.000 km2 en forme de polygone sur lequel les militaires russes ont observé l’effet du souffle atomique sur des maisons, du matériel militaire, tanks, avions, et sur des animaux. Les populations locales ont parfois, mais pas toujours, été évacuées. Mais souvent les paysans revenaient la nuit pour traire leurs bêtes. Le résultat? Un taux de cancer deux fois plus élevé que la moyenne, des nouveau-nés difformes, des mutations génétiques et des malformations.
Le site a été fermé en 1991 par le gouvernement kazakh, mais comme il n’est pas clôturé, les habitants y envoient encore paître leurs troupeaux .. (AD)
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