Journée importante pour les victimes: la Conférence épiscopale a affirmé ce lundi vouloir coopérer avec les experts de la Commission spéciale « abus sexuels » pour la mise en place d’une forme pluridisciplinaire de procédure d’arbitrage pour les faits prescrits, qui ne peuvent plus être traités par la justice.
Dans un communiqué de presse, les évêques et supérieurs religieux se disent «profondément touchés» et expriment leur «consternation devant les faits graves qui ont été commis par des membres du clergé et des communautés religieuses». Ils «reconnaissent sans détour que ces faits sont d’autant plus pénibles que leurs auteurs sont des membres de l’Eglise revêtus d’une autorité morale, qui auraient dû être exemplaires, par respect pour la confiance déposée en eux».
Et le communiqué de poursuivre : «conscients de leur responsabilité morale et de l’attente de la société à leur égard, les Evêques et les Supérieurs religieux s’engagent à assurer une reconnaissance des victimes et adopter des mesures réparatrices de leur souffrance. Ainsi sont-ils déterminés à rétablir les victimes dans leur dignité et à leur procurer des indemnités financières selon leurs besoins».
Même si certains prélats s’étaient déclarés en faveur de cet engagement, c’est la première fois que les principales autorités catholiques du Royaume s’accordent sur une position commune, s’estimant «conscients de leur responsabilité morale» dans les scandales qui ont secoué le pays depuis un an. L’Eglise accepte de contribuer à la mise sur pied d’un tribunal arbitral (non judiciaire), pour répondre aux centaines de cas prescrits sur le plan pénal. Selon l’agence Belga, les évêques et les supérieurs souhaitent que les arbitres à désigner aient, en outre, « la faculté d’orienter les parties vers une médiation ».
L’évêque référent pour les abus sexuels commis par des prêtres ou des religieux, Guy Harpigny, a confirmé la nouvelle au journal Le Soir : « nous y travaillons depuis le lendemain de Pâques », a-t-il déclaré manifestement heureux de l’engagement pris. « Nous souhaitons prendre toutes les dispositions pour éviter que de tels faits graves ne puissent se reproduire à l’avenir.
Karine Lalieux (PS), Présidente de la Commission Spéciale « Abus Sexuels » reconnaît qu’il s’agit-là d’une avancée énorme pour les victimes. La députée souligne également que « la prise de position des évêques et supérieurs religieux marque une rupture avec le discours que tenait l’Eglise jusqu’à présent. Les choses sont enfin dites sans détour. L’Eglise reconnaît sa responsabilité morale, reconnaît les victimes et accepte de réparer leurs souffrances ».
La Commission spéciale de la Chambre avait adopté à l’unanimité, fin mars dernier, son rapport sur ses travaux et ses 70 recommandations. Une des principales recommandations vise justement à proposer à l’Église la mise sur pied d’un tribunal arbitral pour permettre la réparation à l’égard des victimes d’abus sexuels commis au sein de l’Église qui ne souhaitent pas engager de procédure judiciaire ou pour qui les faits sont atteints par la prescription. (AD)
Place comments
0 Comments
You are currently seeing only the comments you are notified about, if you want to see all comments from this post, click the button below.
Show all comments