L'ancienne premier ministre ukrainienne, Ioulia Timochenko, a été placée en détention provisoire. Les autorités actuelles l'accusent d'abus de pouvoir et de corruption. L'Europe s'indigne de l'incarcération de celle qui incarnait la révolution orange.
Elle était le symbole de la Révolution orange qui a secoué l'Ukraine après le 21 novembre 2004. Des milliers de manifestants étaient descendus dans les rue du pays pour protester contre la fraude électorale. Des grandes bannières oranges portaient l'inscription "Tak Youchtchenko", du nom du candidat qui aurait dû gagner si les élections avaient été régulières.
Ioulia Timochenko est devenue premier ministre dans la foulée de ces événements. Surnommée "la princesse du gaz" car elle a effectué toute sa carrière dans ce secteur, cette femme d'affaire d'origine russo-arménienne a suscité des jalousies énormes. Après ses deux mandats - quelques mois en 2005 et puis de fin 2007 à 2010, elle perd le second tour des élections. Elle devient alors le chef de l'opposition ukrainienne.
Mais vendredi dernier, elle comparaissait pour abus de pouvoir devant le tribunal de Kiev. Le juge a ordonné son emprisonnement car elle lui aurait répondu "de manière irrévérencieuse" et a affirmé qu'elle "faisait traîner en longueur l'examen de l'affaire".
Le gouvernement américain et le Parlement européen ne sont pas dupes de ce procès qui sert surtout à museler la plus redoutable des adversaires politiques du président actuel, Ianoukovitch. Les autorités américaines ont déjà exigé sa libération immédiate. Catherine Ashton la chef de la diplomatie européenne a, pour sa part, menacé l'Ukraine de refuser un accord de coopération avec l'Europe si Timochenko n'était pas libérée rapidement. Ce qui serait un revers personnel pour le président et son entourage. Wait & see. (MB).
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