L'extrême droite belge lance son propre site xénophobe Actua
L'extrême droite belge lance son propre site xénophobe
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L'extrême droite belge lance son propre site xénophobe

Ce 10 avril, le Vlaams Belang et son chef de file, Filip Dewinter, a lancé un site Internet invitant la population à dénoncer des crimes commis par des immigrés clandestins. Ce site fait suite à une initiative similaire lancée aux Pays-Bas par le Parti pour la liberté d’extrême droite. La Commission pour la protection de la vie privée étudie les actions juridiques qu'elle pourrait entreprendre contre ce site.

Le site Internet meldpuntillegaliteit.be mis en ligne par le Vlaams Belang fait grand bruit. Il invite en effet la population à dénoncer anonymement des cas de fraudes à la sécurité sociale, de travail au noir ainsi que la connaissance de crimes plus graves.

Si les militants contre le racisme ont comparé cette initiative aux techniques employées par les nazis pendant la guerre, Filip Dewinter, quant à lui, a déclaré que ce site Internet était nécessaire en raison de la présence de « dizaines de milliers d'immigrés clandestins » dans notre pays. Il a ajouté que les données récoltées seraient envoyées aux forces de police.

La position de la commission pour la protection de la vie privée

« Si des données à caractère judiciaire sont récoltées de cette façon, il y a alors atteinte à la législation sur la protection de la vie privée. Actuellement, le but poursuivi n'est pas clair du tout », a indiqué une porte-parole de la Commission. Le traitement des informations à caractère judiciaire (le Vlaams Belang évoque sur son site le travail au noir, la criminalité ou les marchands de sommeil) relève en effet de la police et des autorités judiciaires.

La réaction européenne

Le Parlement européen a quant à lui qualifié ce site de déplorable. Et les citoyens qui jugent l'initiative "meldpunt voor illegaliteit" du Vlaams Belang discriminatoire peuvent se tourner vers les tribunaux nationaux, a fait remarquer mardi un porte-parole de la Commission européenne.

Il y a un mois, la Commission européenne avait déjà fermement condamné l'ouverture d'un point de signalement comparable aux Pays Bas par le leader du PVV (Partij Voor de Vrijheid), Geert Wilders. Ce point visait toutefois des citoyens européens, en l'occurrence les ressortissants d'Europe centrale et de l'Est, alors que l'initiative du Vlaams Belang cible ici les personnes en séjour illégal.

Une compétence nationale

L'Union dispose certes d'une législation contre le racisme, la xénophobie et l'incitation à la haine mais il revient aux Etats membres de lutter dans la pratique contre ce genre de phénomènes. « Ce n'est pas à l'Europe de dire aux Etats membres quels sont les sites internet, films ou livres qui doivent être interdits », a ajouté le porte-parole.

La Commission insiste sur le fait que la Belgique dispose d'une législation visant à lutter contre le racisme et la xénophobie, même si le pays n'a pas encore informé officiellement les instances européennes des décisions qui ont été prises pour mettre en oeuvre la décision-cadre sur le racisme et la xénophobie. (AD)

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