Pour la première foi de son histoire, le Maroc introduit l’alcotest sur ses routes, particulièrement meurtrières ces dernières années, ce qui suscite une vive polémique. Pour certains musulmans, l’alcotest serait contraire à l’islam.
Les routes marocaines sont particulièrement meurtrières. Elles tuent chaque année près de 4.000 automobilistes sur une population estimée à un peu moins de 40 millions d’habitants. Près de 15% des accidents de la circulation sont liés à la consommation d’alcool. En plus des pertes en vie humaine, cette hécatombe coûte la bagatelle de 1,1 milliard d’euros au budget de l’Etat, soit 2,5% du PIB.
Pour lutter contre la conduite en état d'ébriété, le Maroc vient d’introduire pour la première fois l'alcootest dans son nouveau Code de la Route, une mesure qui permettrait d’effectuer plus de 200.000 contrôles par an.
Une certaine frange des politiques marocains, la plus extrémiste, considère toutefois que l’usage de l’alcootest serait incompatible avec la religion musulmane. Lors des premiers débats parlementaires en 2005, certains parlementaires islamistes avaient estimé que le recours par les pouvoirs publics à la mesure du taux d’alcoolémie chez les automobilistes revenait à cautionner indirectement la consommation d’alcool estimant que « si on vous contrôle, c’est que l’on admet que vous buvez ! » Or, celle-ci est prohibée par l’islam.
Mais si la consommation d’alcool est prohibée par la loi religieuse, malgré quelques controverses doctrinales, elle n’est pas interdite formellement par le droit positif marocain. Aussi, la loi marocaine sur l’alcool stipule que sa vente est licite si le tenancier du débit de boisson a une autorisation de commerce en règle. Donc, hormis les cas d’ivresse manifeste et publique, il n’y a pas d’infraction, aux yeux du législateur à consommer de l’alcool dans un lieu confiné. Une personne s’enivrant chez elle ne tombe pas sous le coup de la loi. Par contre, le faire sur la voie publique est un délit passible de prison, tout comme le fait de manger pendant le ramadan et … de conduire en état d’ivresse.
Malgré la polémique, le Maroc mettra donc ses alcotests en service dès la fin du Ramadan. « Tout est prêt. Le dispositif va être mis en place juste après le mois de Ramadan, c’est-à-dire dès le mois de septembre », a déclaré Mohamed Maghraoui, directeur des transports routiers. Et de poursuivre : « le ministère de l’Equipement et du transport dispose déjà d’une trentaine d’éthylomètres et ces appareils seront partagés à parts égales entre les services de la Gendarmerie et ceux de la police ». (AD)
A voir : ci-dessous, une campagne allemande détonante sur la drogue et l’alcool au volant
http://www.youtube.com/watch?v=qES99SdT9wQ
Place comments
0 Comments
You are currently seeing only the comments you are notified about, if you want to see all comments from this post, click the button below.
Show all comments