L’Europe s’attaque aux mensonges de l’industrie alimentaire Actua
L’Europe s’attaque aux mensonges de l’industrie alimentaire
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L’Europe s’attaque aux mensonges de l’industrie alimentaire

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a passé au peigne fin l'ensemble des allégations de santé inscrites sur les emballages des produits de grande consommation. Conclusion dramatique : quatre messages sur cinq sont mensongers.

Un sérieux nettoyage semble se préparer en cuisine : « retarde les effets de la fatigue », "fortifie le système osseux", "vertus anti-oxydantes", « améliore votre flore intestinale », « protège des attaques acides », des messages qui nous sont si familiers que non seulement nous n’y prêtons plus attention mais qui, en outre, ne suscitent même plus notre curiosité quant à la véracité des slogans abondamment déversés dans une salve de propagande sournoise dont le seul et unique but ultime est de nous faire acheter toujours … et encore.

Et bien voilà que les choses vont enfin changer ! Ces messages devraient, dès l'an prochain disparaître de nos pots de yaourt, briques de jus de fruits et autres barquettes alimentaires. A tout le moins, si Bruxelles valide le diagnostic de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) qui a clos, ce jeudi 28 juillet, un travail qui s’est étalé sur plus de 3 ans et qui a été réalisé par un groupe d'experts mandatés aux fins de procéder à la vérification de tous nos emballages de produits agro-alimentaires distillant des allégations de santé sur leur face.

Le rapport est effectivement catastrophique : sur les 2.758 messages analysés, seuls 20% ont été jugés véridiques et conformes à leur contenu. Tous les autres ont été recalés, "soit parce que la substance censée avoir des effets bénéfiques n'était pas définie de façon assez claire, soit parce que les allégations n'étaient pas assez précises, soit parce qu'on ne dispose d'aucune étude scientifique permettant de les vérifier", explique Lucia de Luca, de l'Autorité européenne.

Même si Frédéric Vincent, porte-parole du commissaire John Dalli, responsable de la santé et des consommateurs précise que « le rejet d'une allégation ne signifie pas que le produit n'est pas bon, seulement que les promesses figurant sur l'étiquette ne sont pas correctes », avec une seule allégation incontestable sur cinq, l'industrie agroalimentaire va donc devoir vraiment faire un sérieux ménage sur ses étiquettes.

Cette enquête de l’Autorité européenne de sécurité des aliments fait suite à la publication, en 2006, d'un règlement européen entré en vigueur l'année suivante et qui imposaient aux Etats membres de soumettre à contrôle l'ensemble des allégations utilisées par l'industrie agro-alimentaire sur leurs territoires. L'Efsa a ainsi reçu 44.000 messages que les services de l'Autorité ont traduits et triés pour établir une liste définitive des 2.758 bienfaits présumés à valider. (AD)


 

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